France

Des médicaments contre l’acné détournés sur TikTok : promesses de résultats.

L’agence française de sécurité du médicament (ANSM) a alerté ce jeudi sur les « risques graves » liés aux usages détournés de l’isotrétinoïne à des fins esthétiques. Ces médicaments à base d’isotrétinoïne « ne doivent en aucun cas être utilisés à des fins esthétiques » et peuvent provoquer « des effets indésirables graves et susceptibles de persister après la fin du traitement, y compris à faible dose ».


C’est le nouveau traitement populaire qui suscite beaucoup d’intérêt sur TikTok… L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a averti ce jeudi des « risques graves » associés aux usages détournés de l’isotrétinoïne à des fins esthétiques, promue sur les réseaux sociaux alors que ces médicaments sont réservés aux acnés sévères.

Ces produits contenant de l’isotrétinoïne sont « actuellement promus sur les réseaux sociaux à des fins esthétiques (« nez plus fin », « peau plus nette »…), en dehors de leurs indications thérapeutiques autorisées », constate l’ANSM dans un communiqué.

Nous alertons sur la promotion de l’isotrétinoïne à des fins esthétiques via les réseaux sociaux. Ce médicament est présenté comme une solution pour affiner le nez ou avoir une peau nette ⚠️ Ces usages sont dangereux et leur promotion est illégale + d’infos 👉 https://t.co/rmf75NMX9s — ANSM (@ansm) 13 mars 2026.

Cette tendance, relayée début janvier par Kendall Jenner, célèbre mannequin de la famille Kardashian, a gagné en visibilité. « J’ai pris Roaccutane pour soigner mon acné, et il y a une théorie sur TikTok selon laquelle Roaccutane ferait rétrécir le nez. Et je vous jure que c’est vrai », a-t-elle déclaré dans le podcast de l’acteur américain Owen Thiele.

Cependant, ces médicaments – Roaccutane en gel et Isotrétinoïne Acnétrait, Contracné, Curacné, Procuta en gélule – « sont indiqués pour traiter des acnés sévères lorsque les autres traitements n’ont pas été efficaces », rappelle l’agence sanitaire.

Ils ne doivent « en aucun cas être utilisés à des fins esthétiques » et « ne modifient pas la forme du nez », pouvant au contraire « altérer la qualité de la peau » et « être à l’origine d’effets indésirables graves et susceptibles de persister après la fin du traitement, y compris à faible dose ».

L’ANSM met en garde que la prise d’isotrétinoïne par les femmes enceintes entraîne « un risque élevé de malformation » du fœtus, par exemple une « déformation du crâne », ce qui explique sa stricte contre-indication pendant la grossesse.

Environ un quart des enfants exposés à l’isotrétinoïne orale au cours du premier trimestre de la grossesse souffrent de malformations évocatrices, associant des atteintes craniofaciales, cardiaques et du système nerveux central, soulignait en juin 2024 la revue médicale indépendante Prescrire.

L’isotrétinoïne présente également « des risques d’atteinte du foie », des troubles de la vision, musculaires et intestinaux, ainsi que « des symptômes dépressifs et des modifications de l’humeur », énumère l’ANSM, rappelant que « la vente et la promotion sans autorisation de médicaments sur Internet sont illégales ».