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Guerre en Iran : Le drone Shahed-136 attaque une base en Irak.

Dans la soirée de jeudi, à 20h40, un drone Shahed a frappé le centre de la base kurde de Mala Qara, au nord de l’Irak, où plusieurs militaires français étaient installés. Le coût du Shahed varie entre 20.000 et 50.000 euros l’unité, selon le modèle.


Dans la soirée de jeudi, à 20h40, un drone Shahed a attaqué le centre de la base kurde de Mala Qara, située au nord de l’Irak, où se trouvaient plusieurs militaires français. L’adjudant-chef Arnaud Frion a été déclaré mort lors de son transfert à l’hôpital. Les six autres blessés restent à l’hôpital. « Leur rapatriement en France se met en place », a déclaré ce vendredi le ministère des Armées.

Le drone Shahed-136 est la munition rôdeuse la plus couramment utilisée par les forces iraniennes depuis le début des frappes américaines et israéliennes. Téhéran en a déjà tiré plus de 3.000 depuis le 28 février, dont 1.500 ciblant uniquement les Émirats arabes unis. Le Shahed-136 est également utilisé dans divers conflits depuis le début des années 2020, notamment par les Houthis. La Russie utilise massivement ce drone dans sa guerre contre l’Ukraine, avec des versions renommées « Gueran-2 » ou « Géranium-2 ».

Mesurant 3,50 mètres de long et 2,50 mètres d’envergure, le drone Shahed-136 pèse environ 200 kg et peut transporter une charge explosive de 40 kg, située dans le nez de l’appareil. Grâce à son aile delta, il peut atteindre une vitesse supérieure à 185 km/h et son rayon d’action est estimé à environ 2.500 km.

Lancé par salves depuis une plateforme terrestre ou un camion, le Shahed paralyse les défenses ennemies, qui doivent parfois recourir à des missiles coûteux (faisant jusqu’à plusieurs millions d’euros l’unité) pour les détruire. Le coût du drone Shahed varie entre 20.000 et 50.000 euros l’unité, en fonction du modèle.

Bien qu’il soit souvent désigné comme une arme « low cost », le Shahed est capable d’infliger des dégâts significatifs à l’adversaire lorsqu’il est lancé avec précision. « Il atteint sa cible par coordonnées GPS, entrées avant son décollage. Il évolue ensuite en autonomie, volant assez bas et atteignant une cible qui est nécessairement fixe à quelques centaines de kilomètres », a expliqué à l’AFP, en 2022, Pierre Grasser, chercheur français associé au centre Sirice à Paris.