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Municipales 2026 : La plage ne doit pas perturber la campagne à Marseille

Alain Michaud-Bonnet, vice-président de l’association des commerçants de l’escale Borély, a déclaré que « le sujet du littoral est abordé par des gens qui sont à l’opposé de nous, des bureaucrates qui ne comprennent rien au terrain ». Trois listes ont répondu aux collectifs concernant l’accès au littoral : le Printemps Marseillais, la liste LFI et la liste divers droite.


«C’est devenu un sujet incontournable à Marseille. » Alain Michaud-Bonnet, vice-président de l’association des commerçants de l’escale Borély exprime sa surprise : il ne pensait pas que la plage aurait une telle importance dans les élections municipales de la ville. Le responsable du club de plage SportBeach, établi à l’escale Borély dans le 8e arrondissement depuis trente ans, souligne la singularité de ce site, qui regroupe commerces, restaurants et grande roue, sur le littoral marseillais.

Cependant, ces dernières années, la fréquentation a chuté de près de 50 %. Pour revitaliser cet espace, resté inchangé depuis sa création en 1992, les commerçants ont élaboré un projet qu’ils souhaitent défendre à quelques jours du scrutin. « On s’adresse à celle ou à celui qui sera maire demain. Nous, on sera toujours là après les élections et ce qui nous intéresse c’est que le projet avance », indique Alain. Parmi les propositions figurent l’harmonisation des terrasses, la réorganisation de la promenade et la végétalisation. Les visuels, conçus par le cabinet d’architectes MAP, présentent une ambiance oscillant entre « luxuriante Riviera » et « rustique provençal ».

La cité phocéenne, qui s’étend sur 57 kilomètres de littoral, fait face à un accès inégal à la mer. Bien que la mer soit omniprésente dans la ville, la baignade demeure complexe. Au nord, le grand port maritime occupe une partie du littoral, au centre, la plage est trop étroite et, au sud, l’accès par les transports en commun est limité. Les infrastructures vieillissantes aggravent cette situation. Simon, glacier à l’Escale depuis plusieurs années, déplore que « le sujet du littoral est abordé par des gens qui sont à l’opposé de nous, des bureaucrates qui ne comprennent rien au terrain ».

D’autres collectifs ont également décidé de mettre la plage au cœur des débats électoraux. Les Libres Nageurs, Les Nageurs du Prado, Rendez-la-Digue et le Collectif de la Plage de l’Anse du Pharo militent pour un meilleur accès au littoral. Ensemble, ils ont envoyé un questionnaire sur ce sujet à tous les candidats. « Par rapport à 2020, le débat est plus présent », se réjouit Eddy Fabiani, membre du Collectif de la Plage de l’Anse du Pharo, créé en 2021.

Trois listes ont répondu aux interrogations des collectifs : le Printemps Marseillais, dirigé par le maire sortant Benoît Payan, la liste LFI de Sébastien Delogu et la liste divers droite d’Erwan Davoux et de Nora Preziosi. « L’équipe de Benoît Payan est plutôt en faveur de la démocratisation de l’accès au littoral », note le militant. Les collectifs apprécient particulièrement le projet de réouverture aux particuliers de la digue du large, propriété du grand port maritime de Marseille. Le maire sortant suggère également la création d’une pinède au sud et le doublement de la plage de Corbière au nord. « La coupure du littoral, ce sont les quartiers nord qui en souffrent le plus », insiste Eddy Fabiani.

La liste LFI a signé tous les engagements demandés : meilleure conciliation de la nage et des activités nautiques, renforcement des navettes maritimes, entre autres. Sébastien Delogu se concentre sur la création d’une plage au niveau de l’anse du Pharo, une demande du collectif depuis sa création. « Pour les 4 ou 5 premiers arrondissements de Marseille, soit 200.000 personnes, il n’y a qu’une seule plage : celle des Catalans, surfréquentée même en hiver les jours de soleil. Sinon, ce sont les rochers », rappelle Eddy Fabiani. Selon lui, avec la plage du Pharo, il serait possible de doubler la surface. La liste divers droite se dit quant à elle ouverte à toutes les propositions.

Bien que Martine Vassal, candidate pour l’union de la droite et du centre, n’ait pas répondu aux collectifs, elle défend l’idée de créer une station balnéaire sur les îles du Frioul ainsi que des plages pouvant être « privées municipales ».

Tous les candidats ont inclus des propositions concernant les bords de mer dans leurs programmes, mais les controverses ne sont jamais loin. C’est le cas de la mesure phare du candidat RN Franck Allisio : la création d’un « pass famille-minots-séniors » pour réserver des accès aux plages à certains horaires et pour certains habitants. Ce pass « anti-racailles » a été revendiqué par le candidat : « Ceux qui pourrissent la vie dans les plages, qui volent, qui agressent, qui vont vous harceler, il faut leur interdire la plage », a-t-il déclaré lors d’un débat municipal sur BFMTV. Bien que les Marseillais reconnaissent que la question de la plage n’est pas essentielle, elle s’annonce néanmoins significative pour l’avenir.