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Beaucoup de jeux ne seront plus recommandés aux moins de 16 ans dès 2027.

Le système européen de classification des jeux (PEGI) va revoir ses critères, avec une mise en application prévue à partir de juin 2026, afin de tenir compte des mécaniques de jeu éventuellement addictives. Les jeux proposant un système de communication en ligne non modérée seront automatiquement labellisés comme déconseillés aux moins de 18 ans.


Le système européen de classification des jeux vidéo, connu sous l’acronyme PEGI, vient d’adopter des règles plus strictes pour mieux prendre en compte les nouvelles mécaniques de jeu qui peuvent provoquer une dépendance.

Cette réforme pourrait transformer discrètement le paysage du jeu vidéo en Europe. Le système PEGI, qui précise si un jeu est déconseillé aux moins de 7, 12, 16 ou 18 ans, va réexaminer ses critères, en réponse aux évolutions récentes de l’industrie.

Les jeux intégrant des lootbox, des achats in-game ou incitant à la régularité dans le jeu subiront une hausse de leur classification. De plus, les jeux en ligne avec une communication non modérée subiront également ces modifications, selon Eurogamer.

### Les lootbox déconseillées aux moins de 16 ans

Destiné à « tenir compte des risques liés aux interactions en ligne », ce nouveau classement sera appliqué à partir de juin 2026. La principale nouveauté sera l’intégration des « objets aléatoires payants », qui entraînera automatiquement une classification au seuil « déconseillé aux moins de 16 ans ». Cette évolution fait suite à des changements similaires effectués en Allemagne depuis 2023.

Ainsi, un jeu comme EA Sports FC (anciennement FIFA), qui repose largement sur ce mécanisme pour maximiser ses bénéfices, passera d’un classement « 3 ans et plus » à « 16 ans et plus ». Avec la popularité croissante des lootbox due à l’essor des jeux mobiles et free-to-play, le label « 16 » pourrait apparaître sur de nombreux titres.

Les jeux proposant des systèmes d’achat en ligne incitatifs, qu’ils soient limités dans le temps ou en volume, se verront classifiés comme déconseillés aux moins de 12 ans. Ceux qui exploitent la vente de NFT ou utilisent la blockchain seront, pour leur part, déconseillés aux moins de 18 ans. Bien que ce type d’étiquetage ne soit pas inédit, le relèvement automatique de l’âge limite vise à mieux signaler les problèmes associés à ces pratiques.

L’étiquette PEGI 12 sera également attribuée aux jeux pénalisant les joueurs qui ne reviennent pas régulièrement pour accomplir des tâches quotidiennes. En revanche, les jeux incitant positivement à la connexion quotidienne (comme les quêtes journalières) seront classés PEGI 7.

### Un changement d’ampleur pour PEGI

Enfin, les jeux proposant un système de communication non modéré en ligne seront étiquetés comme déconseillés aux moins de 18 ans – la restriction la plus sévère. « On ne s’attend pas à voir beaucoup de jeux comme ça », indique néanmoins le directeur de PEGI à Eurogamer. En effet, certaines législations nationales interdisent déjà ce type de pratiques. « Il s’agit plus d’une ligne à ne pas franchir », ajoute Dirk Bosmans.

Ces révisions, qualifiées de « plus gros changement jamais impulsé » dans la classification PEGI, pourraient susciter des réactions négatives de la part de certains studios et ouvrir la voie à du lobbying et des stratégies d’évitement. Les rayons de jeux risquent de connaître de profonds bouleversements dans les mois à venir.