France

Parcoursup : La charge mentale de l’orientation, surtout pour les mères

D’après une enquête de la FCPE et du journal L’Etudiant, dans 70 % des familles, c’est la mère qui « passe le plus de temps sur le sujet de l’orientation ». Parcoursup, qui a succédé au site Admission Post-Bac en 2018, accueillera cette année environ un million de candidats, selon le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste.

Les tâches ménagères, les rendez-vous médicaux des enfants, ainsi que l’inscription aux centres de loisirs et aux activités périscolaires sont des obligations qui reposent majoritairement sur les femmes. Cela s’applique également à la responsabilité de l’orientation et des choix concernant Parcoursup, comme le révèle une récente étude.

Selon une enquête par questionnaire* menée par la FCPE, fédération de parents d’élèves, en collaboration avec le journal L’Etudiant, dans 70 % des familles, c’est la mère qui « passe le plus de temps sur le sujet de l’orientation ». Seulement 21 % des parents ont indiqué que « les deux parents à temps égal » s’occupent de cette question.

80 % des mères ressentent une augmentation de leur charge mentale

Ces résultats, élaborés à partir d’un échantillon de plus d’un millier de parents, sont en accord avec une étude antérieure de l’Institut Montaigne, publiée en avril 2025, où 71 % des jeunes ont déclaré avoir été accompagnés par leur mère. « La composition de l’échantillon de l’étude réalisée par L’Etudiant et la FCPE reflète directement ce constat : 88 % des répondants à l’enquête sont des femmes », indique la principale fédération de parents d’élèves dans un communiqué de presse.

« Mon mari est impliqué aussi, mais c’est moi qui ai exploré toutes les possibilités, qui ai fait un tri », confie Sophie**, dont la fille cadette passera le bac cette année. Le fait de devoir gérer l’orientation de son enfant augmente la charge mentale pour 80 % des mères, contre 53 % pour les pères seulement, selon l’étude. Cela engendre du stress pour tous les parents.

« Complètement démunie » face à Parcoursup

Près de 77 % des parents interrogés affirment ressentir de « l’anxiété » face à Parcoursup, et ce chiffre monte à 79 % pour les mères. De plus, 69 % des parents estiment que la procédure est « complexe » et 79 % la trouvent « stressante », en grande partie en raison des incertitudes qu’elle génère quant à l’avenir de leurs enfants. Les principales sources de stress mentionnées sont la crainte d’« affectations non satisfaisantes », d’un « refus potentiel » ou de ne « recevoir aucune affectation ».

Cette procédure est « très stressante », confirme Delphine Bednarski, 43 ans, dont la fille, Rose, passe le bac cette année. Sa fille de 17 ans, qui aspire à devenir éducatrice spécialisée, a effectué seulement trois vœux sur Parcoursup parmi les dix possibles. Face à cette situation, Delphine se sent « complètement démunie » et estime ne pas être assez préparée.

Un million de candidats

Pour les parents, Parcoursup est « un peu comme piloter un avion. Vous avez votre enfant à côté de vous, vous avez une idée du cap, mais vous ne savez pas quels vents soufflent, s’il y a des turbulences, ni si vous allez être dévié », résume Grégoire Ensel, vice-président de la FCPE.

Cette année, environ un million de candidats, qu’il s’agisse de néobacheliers ou d’étudiants en réorientation, devront s’inscrire sur Parcoursup, qui a remplacé le site Admission Post-Bac (ABP) en 2018, selon le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste.

*Méthodologie : enquête en ligne, adressée auprès de la base de l’Etudiant et de la FCPE via SurveyMonkey. 1.103 parents répondants (dont 88 % de femmes et 12 % d’hommes). Le sondage a été administré du 30 janvier au 24 février 2026.

**le prénom a été modifié