80.000 à 100.000 manifestants à Bruxelles, avec une cinquantaine d’arrestations
Des milliers de personnes vêtues majoritairement de rouge et de vert ont traversé la capitale ce jeudi, arborant des slogans tels que « On ne veut ni du Bouchez, ni du Jambon ». Selon la police, une cinquantaine d’arrestations administratives ont eu lieu durant la manifestation, notamment après qu’un groupe restreint d’individus se soit en pris au bâtiment de Beobank, situé boulevard du Régent.
Sous un soleil éclatant, des milliers de personnes, en majorité vêtues de rouge et de vert, ont sillonné la capitale ce jeudi. Des slogans tels que « On ne veut ni du Bouchez, ni du Jambon » et « La boucherie sociale, ça suffit ! » étaient affichés sur les calicots qui allaient de la gare du Nord à la gare du Midi.
Dans l’émission Matin Première ce jeudi, la Secrétaire générale de la FGTB, Selena Carbonero Fernandez, a précisé : « Nos messages principaux aujourd’hui, premièrement c’est ‘stop au malus pension’, parce que c’est une punition qui va frapper les personnes qui ne seront pas capables de travailler jusqu’à l’âge de 67 ans. Deuxièmement, c’est le maintien de l’indexation, parce que c’est une des meilleures protections du pouvoir d’achat. Et la troisième chose, c’est qu’il faut oser sortir du tabou des nouvelles recettes, qu’il faut aller chercher les recettes sur les épaules les plus larges. »
La queue du cortège est arrivée vers 14h00 à la gare du Midi, dans une atmosphère festive, rythmée par des tambours. Toutefois, quelques échauffourées ont été signalées près de l’ambassade des États-Unis. Selon des images diffusées par la VRT, une confrontation a également eu lieu entre la police et un groupe de manifestants rue de la Loi. D’après la police, une cinquantaine d’arrestations administratives ont eu lieu. « Vers 12h00, un groupe restreint d’individus s’en est pris au bâtiment de Beobank, situé boulevard du Régent, à hauteur de Madou. Nos services de police sont immédiatement intervenus afin de prévenir tout dégât supplémentaire et de rétablir l’ordre public », a indiqué la police dans un communiqué.
Le président de la FGTB, Bert Engelaar, a alors scandé : « L’indexation des salaires n’est pas un détail, une ligne sur un tableau. C’est la vraie vie ». Il a ajouté : « Les prix montent sans cesse, le salaire ne suit pas tout seul. Toucher à l’indexation c’est toucher à la dignité ».
Engelaar a vivement critiqué le gouvernement, affirmant qu’il « s’en prend toujours à ceux qui tiennent ce pays debout : les travailleurs ». Il a qualifié les mesures de l’exécutif d’ »inacceptables » et a dénoncé la réforme des pensions en affirmant : « Une pension juste n’est pas un cadeau, c’est un droit. Une société digne protège les pensions et respecte ses anciens. » Ann Vermorgen, présidente de la CSC, a également questionné : « Devrons-nous travailler jusqu’à l’épuisement ? », critiquant l’ »assouplissement du travail de nuit et des heures supplémentaires » qui seront « moins bien rémunérés ». Gert Truyens, président de la CGSLB, a ajouté qu' »une société qui épuise ses travailleurs met en péril son propre avenir » et que « ce sont les femmes qui paieront le prix fort » de la réforme des pensions.
La FEB et Unizo ont exprimé leur incompréhension jeudi face à la manifestation nationale contre les réformes du gouvernement fédéral. Selon ces deux organisations patronales, le contexte géopolitique tendu, en raison de la guerre au Moyen-Orient, pèse sur les entreprises. Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB, a déclaré : « Dans ce contexte, manifester est incompréhensible et prôner le statu quo est totalement irresponsable. » Bart Buysse, administrateur délégué d’Unizo, a ajouté : « Alors même que les entreprises doivent puiser à nouveau dans leurs réserves, en partie à cause des conséquences des tensions internationales, les syndicats provoquent une fois de plus une baisse du chiffre d’affaires avec cette manifestation. C’est tout simplement absurde. »

