Belgique

Dépôt de brevets scientifiques en Europe et en Belgique : femmes absentes ?

En Belgique, 17% des brevets européens sont déposés par des femmes et depuis 2015, plus de 2000 brevets sont déposés chaque année par des entités belges auprès de l’Office européen des brevets. Selon l’Office européen des brevets, il y a un ratio en Europe d’à peu près deux tiers d’hommes contre un tiers de femmes dans les études dites STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques).


Déposer un brevet permet de protéger une invention et d’éviter qu’un tiers ne s’en approprie sans autorisation. Bien que le brevet ne soit pas obligatoire, il constitue une excellente vitrine pour les start-up. Cependant, malgré ces avantages, peu de femmes choisissent de breveter leurs inventions et découvertes.

En Belgique, il est possible de demander un brevet auprès de l’Office de la Propriété Intellectuelle (OPRI) si l’exploitation se limite au territoire belge. Pour bénéficier d’une protection dans plusieurs États européens, il est préférable de s’adresser à l’Office européen des brevets (OEB).

### 17% de brevets européens déposés par des femmes en Belgique

Depuis 2015, plus de 2000 brevets sont soumis chaque année par des entités belges (entreprises, universités, etc.) à l’Office européen des brevets.

Dans sa dernière étude, réalisée en collaboration avec un consortium d’universités européennes, l’Office européen des brevets cherche à comprendre les raisons de cet écart de genre.

Gilles Requena, responsable de la recherche et des politiques en matière de brevets à l’Office européen des brevets, souligne : « Le fait d’être une femme inventrice, déjà, n’est pas apparemment quelque chose qui est très bien ancré, très bien illustré. Il y a beaucoup de biais qui sont ancrés dès l’école, où les images que l’on montre dans la recherche, par exemple, ce sont beaucoup des hommes. Et je pense que ça empêche les filles de s’identifier. »

### Moins de femmes dans les études scientifiques

Cette situation engendre une participation limitée des femmes dans les études scientifiques par rapport à leurs homologues masculins. Gilles Requena précise : « Notre analyse permet de voir qu’on a moins de femmes qui participent aux études scientifiques. On a un ratio en Europe qui est à peu près de deux tiers d’hommes contre un tiers de femmes dans les études dites STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques). » En Belgique, selon l’Académie de recherche et d’enseignement supérieur (ARES), les filières scientifiques attirent de plus en plus de femmes, mais elles restent toujours minoritaires par rapport aux hommes.

Cette différence dans les études n’est pas une question de capacité, souligne Gilles Requena : « On voit que le nombre de publications scientifiques est le même entre les hommes et les femmes qui font un doctorat à l’université. Ce n’est donc pas une question de capacité, de qualité. »

### Un problème de « tuyau percé »

Ce déséquilibre est accentué dans certains secteurs : « Les femmes sont mieux représentées dans tout ce qui est pharmacie, sciences de la vie, chimie, mais également dans tout ce qui touche à l’intelligence artificielle », note Gilles Requena. En revanche, leur présence est beaucoup plus faible dans les industries traditionnelles, lourdes, automobile et électronique.

Une représentation plus élevée dans certains domaines se traduit également dans les types de brevets européens déposés collectivement. Gilles Requena précise : « Les inventions ont un caractère un peu pluridisciplinaire. Une invention qui utilise de l’intelligence artificielle dans le médical nécessite une combinaison de compétences dans le médical mais aussi dans les softwares. Le fait que tout se croise favorise le dépôt d’inventions par des équipes et cela facilite la représentation des femmes. »

Il convient de mentionner que dans le cas d’un brevet européen déposé collectivement, 20% des équipes contenaient une inventrice, selon une moyenne calculée par l’OEB.