Maroc

Enfants soldats : La Déclaration de Rabat discutée à Genève

Une table-ronde de haut niveau sur la lutte contre le recrutement d’enfants dans les conflits armés a été organisée lundi à Genève, en marge de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies. L’IRCPCS, lancé en mars 2022, a pour mission de promouvoir la recherche et l’élaboration de politiques publiques visant à prévenir le recrutement des enfants soldats.


La lutte contre le recrutement et l’utilisation d’enfants dans les conflits armés, ainsi que la promotion de leur réintégration durable, a été au cœur d’une table ronde de haut niveau, organisée lundi à Genève, lors de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, dans le cadre d’une série de conférences sur la Déclaration internationale de Rabat concernant le désarmement, la démobilisation et la réintégration axée sur les enfants.

Initiée par le Geneva Nations Institute, en partenariat avec le Centre international de recherche pour la prévention du recrutement des enfants soldats (IRCPCS) basé au Maroc, cette rencontre a rassemblé des experts internationaux, universitaires, décideurs publics et praticiens pour examiner les moyens de renforcer les efforts mondiaux visant à mettre fin à ce phénomène et à promouvoir des mécanismes efficaces de réintégration des enfants touchés par les conflits.

Les discussions ont notamment porté sur les principes clés de la Déclaration de Rabat, qui mettent l’accent sur la prévention du recrutement en renforçant la gouvernance, en garantissant l’accès à une éducation inclusive et en renforçant la résilience des communautés. Elles ont également souligné la nécessité d’une réintégration globale des enfants concernés, fondée sur un soutien psychosocial, une éducation, une formation professionnelle et la réunification familiale et communautaire.

Les intervenants ont insisté sur le fait que la réintégration des enfants anciennement recrutés constitue un levier essentiel pour établir la paix, assurer la stabilité sociale et favoriser le développement à long terme. Ils ont ainsi appelé à renforcer la coopération entre États, organisations internationales, institutions de recherche et acteurs de la société civile pour prévenir ce phénomène et accompagner les processus de réhabilitation.

La rencontre a mis en avant l’importance de la responsabilité et de la redevabilité face au recrutement d’enfants, insistant sur la nécessité de mener des enquêtes effectives et de mettre en place des mécanismes juridiques conformes au droit international pour lutter contre ces pratiques.

Le panel d’experts comportait notamment le professeur de droit international Alfred de Zayas, ancien expert indépendant des Nations unies, Blerim Mustafa, expert en droit international et vice-recteur du Geneva Nations Institute, ainsi qu’Abdelkader Filali, président de l’IRCPCS. Un témoignage a aussi été fourni par le militant marocain des droits humains, Hamada Bouihi, qui a évoqué le recrutement dans les camps de Tindouf.

Cette conférence coïncide avec le quatrième anniversaire de l’IRCPCS, lancé en mars 2022 sous l’égide du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, avec pour mission de promouvoir la recherche et d’élaborer des politiques publiques visant à prévenir le recrutement des enfants soldats.

Un jalon important a été atteint en novembre 2025 avec l’adoption par plus de quarante États de la Déclaration de Rabat, initiative conçue pour reconsidérer les politiques de désarmement, de démobilisation et de réintégration, en se concentrant sur des stratégies de prévention et de gouvernance axées sur une réintégration durable, dépassant la simple démobilisation à court terme.

Le 1er décembre 2025, cette déclaration a été reconnue comme référence dans les discussions du Conseil de sécurité des Nations unies et de l’Assemblée générale des Nations unies, illustrant la dynamique internationale croissante visant à renforcer la protection des enfants dans les situations de conflit armé.

Les participants ont indiqué que la prolifération de groupes armés non étatiques dans des contextes de gouvernance fragile continue d’accroître les risques de recrutement d’enfants dans plusieurs régions du monde. Ils ont souligné la nécessité de renforcer les mécanismes de responsabilité, de protéger les espaces académiques et civils contre toute forme de coercition, et de promouvoir des parcours de réintégration durable reposant sur l’éducation, le soutien psychosocial et les opportunités économiques.

À travers cette série de conférences dédiée à la Déclaration internationale de Rabat, les organisateurs visent à renforcer la coopération internationale et à mobiliser l’innovation en matière de politiques publiques pour contribuer à l’éradication mondiale du recrutement et de l’utilisation des enfants dans les conflits armés d’ici 2040.