Pourquoi le Mercedes-Benz VLE n’a aucun rival en Europe ?
Le Mercedes-Benz VLE, avec ses 5,31 mètres de long, offre une puissance de 272 chevaux et une autonomie de plus de 700 km grâce à sa batterie de 115 kWh. Attendu pour fin 2026, le prix du VLE devrait débuter sous les 79 000 euros pour la version 300 et grimper autour de 90 000 euros pour la version 400 4Matic.
Je suis monté à bord du Mercedes-Benz VLE, le nouveau van électrique de la marque. Attendu pour séduire aussi bien les taxis parisiens que les VIP chinois, il met en avant sa technologie moderne et ses 700 km d’autonomie grâce à une plateforme dédiée. Voici mes premières impressions.
N’enterrons pas trop vite les marques européennes face aux Chinois dans la course à la voiture électrique : ces dernières semaines, les Mercedes-Benz GLC, BMW iX3 et Volvo EX60 ont démontré que les modèles européens pouvaient allier autonomie, vitesse de charge et technologies avancées.
Mercedes-Benz ne compte pas s’arrêter là et se concentre désormais sur son secteur : les vans. Avec son nouveau VLE, la marque à l’étoile a conçu un véhicule qui s’éloigne considérablement des utilitaires traditionnels.
Avec plus de 700 km d’autonomie, une recharge en 25 minutes et une panoplie de technologies, ce VLE cherche à séduire aussi bien les taxis que les VIP, des États-Unis à la Chine en passant par l’Europe.
Brièvement, une proposition attrayante, mais qu’en est-il en réalité ? Pour en savoir plus, je suis allé découvrir ce Mercedes-Benz VLE en avant-première.
### Fiche technique
| Modèle | Mercedes-Benz VLE |
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| Dimensions | 5,31 m x 1,999 m x 1,92 m |
| Puissance (chevaux) | 272 chevaux |
| 0 à 100 km/h | 9,5 s |
| Niveau d’autonomie | Conduite semi-autonome (niveau 2) |
| Vitesse max | 180 km/h |
| OS embarqué | MB.OS |
| Taille de l’écran principal | 14 pouces |
| Prise côté voiture | Type 2 Combo (CCS) |
### Design : un sacré gabarit
Le concept Vision V, présenté en avril 2025, n’était pas sans rapport : l’extérieur du VLE en est une interprétation fidèle. La face avant est séduisante, développant une continuité entre ce van et les dernières voitures de la marque ; la calandre est étroitement liée à celle du nouveau GLC, bien que l’éclairage intégral est absent, bien qu’un liseré de LED l’entoure.
Les phares continuent cet alignement avec deux étoiles par projecteur, reliées par une bande lumineuse. Ils intègrent la technologie Digital Light, capable de projeter des pictogrammes sur la chaussée.
Le capot arbore un double bossage typique de la marque, hommage à la SL de 1954, et peut porter l’étoile (les versions AMG Line la préfèrent intégrée à la calandre). De plus, un grand nombre de chromes est présent, notamment sur la version Exclusive.
Le profil impressionne : avec 5,31 mètres de long en version standard (5,48 mètres en version rallongée), le VLE est imposant. Les jantes, disponibles de 19 à 22 pouces, tentent de dissimuler l’embonpoint du véhicule. Un seul point me semble regrettable : une ceinture de caisse bien plus haute qu’auparavant, réduisant la surface vitrée et alourdissant l’ensemble.
À l’arrière, le feu arrière, en forme de fer à cheval, ajoute une touche d’originalité. En Europe, seules les parties verticales de ce feu seront allumées, tandis que d’autres régions auront droit à une version complète. C’est également à l’arrière que l’on retrouve la seule pièce du Classe V actuel : la base de l’essuie-glace, qui fait aussi office de bouton pour ouvrir la vitre indépendamment du hayon.
Le toit en pente avec un spoiler imposant témoigne de l’importance de l’aérodynamisme dans le design du VLE, affichant un coefficient de pénétration (Cx) impressionnant de 0,25, comparable à des SUV. Le SCx, qui multiplie le Cx par la surface frontale, est légèrement moins flatteur, mais s’établit à 0,85. Par comparaison, un Peugeot E-5008 annonce 0,77.
En résumé, le Mercedes VLE cherche à se distinguer. Même si la version de base apparaît assez neutre, les versions AMG Line et Exclusive affichent une ambition esthétique marquée, visant à marquer clairement la distinction avec les utilitaires. Le futur Sprinter se conformera en outre à une carrosserie spécifique.
### Habitacle : l’avalanche
Avec ses 5,31 mètres de long, dont 3,34 m d’empattement, même le modèle le plus court du VLE dispose d’un espace intérieur généreux, comme en témoigne la présence de deux portes coulissantes électriquement, accompagnées de vitres coulissantes.
L’habitacle est, sans surprise, spacieux. La configuration peut accueillir de cinq à huit passagers, et il est aussi possible de remplacer les banquettes par des sièges indépendants.
Ces sièges disponibles en trois variantes, allant de simples sièges à commande manuelle à des fauteuils de première classe avec tablettes escamotables, chargeurs à induction, repose-mollets, chauffants et massants.
Ces sièges sont modulables, coulissants et même extractibles. S’ils sont électriques, ils peuvent être ajustés selon différents modes contrôlables via l’écran central ou une application mobile. Un réfrigérateur, capable de maintenir des aliments entre 3 et 40 °C, est également intégré à la console centrale, une idée pratique pour le marché chinois.
Évidemment, le coffre est spacieux. Même avec trois rangées de sièges, le VLE peut accueillir 795 litres de bagages, atteignant jusqu’à 4 078 litres en configuration « deux places ». Cela rivalise avec des appartements parisiens.
### Des technologies (presque) dernier cri
L’intérêt de Mercedes-Benz pour la Chine est particulièrement visible dans les équipements destinés aux passagers arrière. À l’instar des modèles Li Auto Mega, Xpeng X9 et Zeekr 009, le VLE peut être équipé d’un immense écran arrière, dissimulé dans le pavillon.
Cet écran 8K de 31,3 pouces (79 cm de diagonale) offre un format atypique de 32:9, mais peut se diviser en deux zones indépendantes pour regarder des films sur Disney+ ou Sony Pictures, des vidéos YouTube, jouer à des jeux ou participer à des visioconférences grâce à une caméra de 8 MP et une compatibilité avec Zoom, Webex et Microsoft Teams.
Posé sur le toit, l’écran est inaccessibile aux passagers, mais deux télécommandes, placées dans les dossiers des sièges avant, permettent de naviguer entre les applications. Elles fonctionnent comme un écran tactile et peuvent se transformer en pad, bien que la pièce ait tendance à chauffer et que la navigation dans les menus ne soit pas intuitive. Une commande vocale là encore pourrait améliorer l’expérience.
À l’avant, on trouve le Superscreen, une série de trois écrans (10,25 pouces pour le conducteur et deux de 14 pouces pour le passager et le centre) que nous avons déjà vus sur les CLA, GLB et GLC (ce dernier conserve la version Hyperscreen avec une dalle unique continue).
Le VLE adopte également le nouveau système maison, MB.OS, offrant la même interface et connectivité que les voitures, y compris une navigation connectée avec Google Maps et un planificateur d’itinéraire.
En plus, un assistant virtuel alimenté par les données de la voiture, ainsi que par ChatGPT, Gemini et Bing, est disponible pour répondre à un large éventail de requêtes.
### Une fiche technique sans rivaux européens
Alors que l’EQV, l’actuel van électrique de Mercedes-Benz, se base sur le Classe V thermique, le VLE est conçu sur une plateforme dédiée à l’électrique, nommée VAN.EA.
Cette évolution est considérable. À son lancement, le VLE disposera d’une batterie NMC (nickel-manganèse-cobalt) de 115 kWh, promettant plus de 700 km d’autonomie selon la norme WLTP.
Le van électrique est également capable de se recharger à 300 kW grâce à une architecture de 800 volts, permettant un passage de 10 à 80 % de charge en 25 minutes. Un convertisseur 400 volts sera disponible en option, notamment pour se brancher sur les Superchargeurs Tesla, bien que cela limite la charge à 100 kW.
La différence entre le VLE et l’EQV est radicale : tandis que ce dernier a une autonomie plafonnée à 363 km, le VLE double ce chiffre, avec 25 kWh de batterie supplémentaires et une consommation notablement réduite, passant de 27,3 kWh à 18,6 kWh grâce à des améliorations aérodynamiques et à l’efficacité interne, incluant l’utilisation de carbure de silicium dans l’électronique de puissance.
D’ici 2027, une batterie LFP (lithium-fer-phosphate) de 80 kWh sera proposée, offrant environ 500 km d’autonomie WLTP, suffisant pour les taxis urbains, avec la recharge ultrarapide maintenue.
### Un poids démesuré
Concernant la motorisation, deux versions seront disponibles. Le VLE 300 embarque un moteur synchrone à excitation permanente avant de 200 kW (272 ch), permettant au van d’accélérer de 0 à 100 km/h en 9,5 secondes.
Le VLE 400, quant à lui, ajoute un moteur arrière pour fournir une transmission intégrale, augmentant la puissance totale à 305 kW (415 ch) et réduisant le 0 à 100 km/h à 6,5 secondes.
Les performances de conduite sont soignées, offrant en option une suspension pneumatique et des roues arrière directrices pouvant pivoter jusqu’à 7° pour un rayon de braquage de 11,6 mètres. L’insonorisation est également améliorée grâce à du verre feuilleté.
Enfin, le véhicule dispose de systèmes d’assistance à la conduite incluant une conduite semi-autonome de niveau 2, ainsi que le système Drive Assist Pro, basé sur l’architecture Nvidia pour les États-Unis et Momenta pour la Chine. Pour l’Europe, cela dépendra des avances réglementaires, similaires au FSD de Tesla.
Cependant, cela s’accompagne d’un poids considérable, de 3 015 kg à vide pour le VLE 300 et de 3 195 kg pour le VLE 400. La masse maximale techniquement admissible dépasse 3,5 tonnes, mais grâce à la législation française, il est possible de soustraire le poids de la batterie, maintenant le véhicule sous les 3,5 tonnes, ce qui permet de le conduire avec un permis B classique.
Pour conclure, cette plateforme est en cours d’adaptation par les ingénieurs pour permettre une future motorisation thermique. Cependant, la conversion de la VAN.EA en VAN.CA (C pour Combustion) semble complexe, nécessitant une refonte complète de l’avant pour accueillir un moteur thermique tout en respectant les normes de sécurité et en préservant l’espace intérieur.
### Une arrivée sur le marché fin 2026
Le Mercedes-Benz VLE vous intéresse ? Avec un peu de patience, la marque espère le lancer fin 2026, probablement autour du Mondial de l’Auto en octobre.
Pour l’heure, aucune information sur les variantes qui seront proposées en France n’est confirmée, cependant, les premières estimations des prix annoncent que le VLE devrait démarrer sous les 79 000 euros en version 300, avec des prix rapidement proches de 90 000 euros, pouvant même atteindre 100 000 euros pour la version 400 4Matic ou des équipements spécifiques.
Cette offre ne sera pas accessible à tous, mais la hausse de prix anticipée n’est pas si faramineuse : l’EQV, qui est beaucoup moins sophistiqué, commence à 87 814 euros avec une batterie moins performante.
Cependant, le malus sur le poids pourrait représenter un obstacle : bien qu’annulé pour 2026, il pourrait impacter le prix en 2027, même si le décalage de 600 kg prévu pour les véhicules électriques est maintenu.
### Un avis : une proposition unique
Pour conclure cette première découverte du Mercedes-Benz VLE, il est clair qu’en Europe, ce van électrique est unique en son genre. Aucun concurrent actuel ne rivalise avec ce mélange d’autonomie et de rapidité de charge, et ses équipements le placent résolument dans la catégorie premium.
Dès lors, il devrait devenir rapidement le favori des VTC, des services de chauffeur (idéal pour les fashion weeks) et des navettes de luxe en Europe – l’intégration de la batterie de 80 kWh en 2027 pourrait encore renforcer son attrait.
Il sera pertinent de suivre les performances du VLE en Chine. Plusieurs caractéristiques (sièges confortables, écran arrière, réfrigérateur, conduite autonome, etc.) révèlent l’objectif de Mercedes de séduire le marché des vans de luxe, bien que les marques locales ne soient pas en reste.
La véritable percée de Mercedes-Benz dans ce secteur si spécifique pourrait provenir du VLS, une version ultra-luxueuse du VLE qui visera à offrir encore plus de confort, d’esthétique et de connectivité.

