Municipales 2026 à Paris : le plan sportif d’Emmanuel Grégoire dévoilé
Emmanuel Grégoire a déclaré que Paris est une ville « sous-dotée en infrastructures compte tenu de son histoire et de sa densité ». Selon le Centre Hubertine-Auclert pour l’égalité hommes-femmes, 95 % des usagers des city stades sont des garçons.
La rencontre était censée se tenir autour d’un café, mais l’enthousiasme d’Emmanuel Grégoire pour développer son programme sportif à Paris a finalement été impacté par la réalité d’une campagne éprouvante. Toute similitude avec l’état actuel du PSG est purement fortuite. Contrairement aux champions d’Europe, le candidat de la gauche unie, en tête des sondages pour le premier tour des municipales à Paris, bénéficie d’une dynamique positive avant les deux élections cruciales. Cela aide à garder le cap.
C’est donc par téléphone qu’Emmanuel Grégoire partage avec 20 Minutes certaines de ses propositions concernant la pratique sportive dans la capitale, en mettant l’accent sur la mixité, l’inclusion et l’optimisation de l’espace et du temps. Cela permet également d’aborder la question du Parc des Princes et la nécessité de renouer le dialogue avec le PSG.
Optimisation des infrastructures sportives : du five et du padel sur les toits ?
Emmanuel Grégoire mentionne tout d’abord un constat clair. « On reste une ville sous-dotée en infrastructures compte tenu de son histoire et de sa densité. On a un déficit sur les terrains de grands jeux avec une demande de créneaux à laquelle on ne peut pas répondre. Le développement des infrastructures est donc une priorité. » Faire émerger des terrains de foot dans Paris étant difficile, le candidat à la Mairie de Paris se laisse aller à la créativité. Et à la verticalité.
« L’idée, c’est de faire de la superposition pour pouvoir augmenter les volumes dans lesquels on va par exemple mettre des stades de foot sur les toits. Ça peut aussi être du padel, ça peut être du five, comme ça a commencé à se développer. Il faut développer des zones d’aires de grand jeu dans les réserves foncières disponibles. » Une partie des bureaux inutilisés – représentant une surface de 6,2 millions de m² à Paris à la fin de l’année 2025 – pourrait également être transformée en équipements de proximité.
Sport féminin : un déséquilibre à rattraper
Bien que la pratique sportive féminine soit en progression, de nombreux freins subsistent pour les femmes, notamment en ce qui concerne l’occupation de l’espace public. Cela commence par la sécurité, alors que la pratique du running est en plein essor. « On doit se demander comment développer un espace public plus »sécure » pour les femmes. Il y a un sujet de sécurité qui concerne la présence de l’éclairage public, la présence de la police municipale et le positionnement, par exemple, des agrès sportifs. »
Ce dernier point fait écho à la question de l’appropriation d’un espace souvent dominé par les hommes. Selon le Centre Hubertine-Auclert pour l’égalité hommes-femmes, organisme associé à la région Île-de-France, 95 % des usagers des city stades sont des garçons. Les données sont plus rares pour les installations de street-workout à Paris, mais la dynamique observable est similaire.
« Si vous avez des agrès sportifs qui sont uniquement construits pour du street workout à haute intensité, les femmes ne vont pas aller y pratiquer naturellement, souligne Emmanuel Grégoire. Or on a besoin d’avoir des mixités. Des agrès sportifs de street workout, pour les »mastocs » qui font l’entraînement et c’est très important, mais aussi des équipements d’espace public de renforcement musculaire mieux designés pour la pratique des femmes. »
Sport associatif : « Pas d’argent magique » mais des projets avec le PUC et l’Atlético dans les cartons
Premiers utilisateurs des équipements sportifs avec 1,3 million d’heures sur la saison sportive 2023-24 (Apur, juillet 2025), et encore plus dans les quartiers populaires, les associations sportives et le bénévolat occupent une place centrale dans le programme de la gauche unie à Paris. Un fonds d’urgence pour les associations en difficulté est envisagé. Cependant, Emmanuel Grégoire prévient qu’il n’a « pas d’argent magique », même si son programme prévoit également l’augmentation de l’enveloppe « réduc sport » et un engagement à prendre en charge les frais d’inscription à une activité sportive, avec des tarifs progressifs.
« On a également des très gros projets dans les tuyaux avec le PUC, et l’Atlético (Paris 13) pour accompagner le développement de ces grands clubs. Je suis aussi extrêmement attaché au club de foot des portes. Ils ont un rôle social fondamental. C’est l’Espérance, dans le 19e, c’est la Camillienne dans le 12e, c’est le club du 15e… Ce sont des acteurs associatifs qui ont un rôle fondamental. J’apporterai un soutien déterminant aux clubs de portes. »
Parc des Princes : Renouer le dialogue avec le PSG
Le plus célèbre des clubs de portes, le Paris Saint-Germain, occupe également l’esprit du candidat Grégoire, qui avait mené les discussions pour l’agrandissement du Parc lorsqu’il était premier adjoint d’Anne Hidalgo, avant que celles-ci ne se heurtent aux exigences de Nasser Al-Khelaïfi, qui conditionnait les travaux à la vente (pour un prix dérisoire, également). La première étape consistera donc à rétablir contact avec le PSG.
« Je n’ai aucun doute sur le fait que le club sera disponible pour réengager le dialogue dès le 23 mars, rassure Emmanuel Grégoire. Dans les jours qui suivront mon élection, j’appellerai le président du PSG pour lui proposer un cadre de travail. Je convoquerai un Conseil de Paris exceptionnel pour lancer quelques travaux prioritaires, dont le sujet de la méthode de discussion avec le PSG. Que nous nous mettions d’accord ou pas, nous sortirons de l’ambiguïté pour la fin de l’été 2026. »
L’idée de vendre le Parc des Princes n’est plus un tabou. Elle n’est pas la seule option mais devrait être présentée au Conseil de Paris en cas de victoire aux municipales. Cette proposition sera accompagnée d’une évaluation de la valeur du Parc. « Je ne vendrai pas à un prix qui ne me semblerait pas conforme à la valeur du bien, pour protéger les intérêts des Parisiens. »

