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Prix du pétrole : Le G7 prêt à puiser dans les stocks, pas tout de suite

Les pays membres du G7 ont indiqué, lundi, surveiller étroitement l’évolution du marché pétrolier, marqué par une forte hausse des prix depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. La Commission européenne a pour sa part indiqué qu’il n’existait pas de « pénurie imminente d’approvisionnement en pétrole en Europe ».


Branle-bas de combat au G7… Les membres ont annoncé, lundi, qu’ils surveillaient attentivement l’évolution du marché pétrolier, qui connaît une forte augmentation des prix depuis le début du conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz. Lors d’une visioconférence, les ministres des Finances ont évoqué la possibilité de recourir aux réserves stratégiques pour stabiliser le marché, tout en précisant qu’aucune décision n’avait été prise pour l’instant.

Le ministre français de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a indiqué que les grandes économies étaient prêtes à agir si nécessaire. « Nous allons suivre les choses de près, nous sommes prêts à prendre toutes les mesures nécessaires, y compris en puisant dans les réserves stratégiques de pétrole pour stabiliser le marché », a-t-il déclaré à l’issue d’une réunion de l’Eurogroupe à Bruxelles, ajoutant qu’« on n’en est pas encore là ». Il a précisé qu’une telle mesure ne pourrait être efficace que si elle était réalisée de manière collective.

### Pas de pénurie imminente d’approvisionnement

Emmanuel Macron a, de son côté, confirmé que cette option faisait partie des scénarios envisagés. « L’utilisation des réserves stratégiques est une option envisagée », a-t-il déclaré lundi, en ajoutant qu’« une coordination des chefs d’État et de gouvernement du G7 cette semaine sur la question de l’énergie est à l’étude ». Il a également annoncé qu’une réunion des ministres de l’Énergie se tiendrait mardi à Paris en marge d’un sommet nucléaire réuni une soixantaine de pays.

La Commission européenne a pour sa part déclaré qu’il n’y avait pas de « pénurie imminente d’approvisionnement en pétrole en Europe ». Les pays membres de l’Agence internationale de l’énergie doivent néanmoins maintenir des réserves équivalentes à au moins 90 jours d’importations nettes de pétrole pour faire face à ce type de crise. Actuellement, la France dispose de 118 jours de stocks, selon le ministère de l’Économie.

### Les pays asiatiques déjà en crise

Les marchés ont réagi fortement aux tensions géopolitiques dans la région. Lundi, le prix du pétrole a brièvement augmenté de plus de 30 %, atteignant près de 120 dollars le baril, avant de se stabiliser après l’éventualité d’une utilisation des réserves stratégiques. Les investisseurs demeurent néanmoins inquiets du blocage du détroit d’Ormuz, par lequel circulent environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié au niveau mondial.

Plusieurs pays asiatiques ressentent d’ores et déjà les conséquences de cette hausse des prix. La Birmanie et le Bangladesh ont annoncé des premières restrictions, tandis que le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a suggéré de lever les sanctions sur le pétrole russe pour « créer de l’offre ». Le commissaire européen Valdis Dombrovskis a également averti qu’un conflit prolongé pourrait entraîner un « choc stagflationniste majeur », alliant ralentissement économique et forte inflation.