Guerre en Iran : Jean-Noël Barrot réclame des concessions majeures du régime iranien
Jean-Noël Barrot, le ministre français des Affaires étrangères, a déclaré que « le régime doit consentir des concessions majeures et un changement radical de posture » concernant l’Iran. Mojtaba Khamenei a été choisi dimanche comme guide suprême par l’Assemblée des experts, succédant à son père, l’ayatollah Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre lancée par les États-Unis et Israël.
Les autorités iraniennes doivent « consentir des concessions majeures et un changement radical de posture », a insisté lundi Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, à la suite de l’annonce d’un nouveau guide suprême.
« Le régime doit consentir des concessions majeures et un changement radical de posture, mettre fin à ces actions de déstabilisation dangereuse pour la région et pour nous-mêmes, et rendre aux Iraniens les clés de leur avenir », a déclaré Jean-Noël Barrot sur France Inter.
Appel au cessez-le-feu au Liban
Mojtaba Khamenei, un religieux de 56 ans considéré comme proche des conservateurs en raison de ses liens avec les Gardiens de la Révolution, a été sélectionné dimanche par l’Assemblée des experts, composée de 88 membres du clergé chiite, comme guide suprême. Il succède à son père, l’ayatollah Ali Khamenei, qui a été tué dès le premier jour de la guerre initiée conjointement par les États-Unis et Israël.
Jean-Noël Barrot a également appelé Israël et le groupe chiite pro-iranien Hezbollah à mettre un terme à leurs frappes réciproques entre le Liban et Israël. Interrogé sur la possible disproportion des opérations israéliennes, le ministre a refusé de faire des commentaires.
« En ce qui concerne les opérations d’Israël (au Liban) qui répondent à des frappes injustifiées et injustifiables du Hezbollah, elles provoquent des déplacements massifs de population, entraînent des dizaines de morts, des centaines et bientôt des milliers de blessés », a-t-il déploré.
« Les deux parties doivent revenir à la situation antérieure, c’est-à-dire au cessez-le-feu que nous avions obtenu, que la France avait obtenu en novembre 2024 », a-t-il ajouté. Jean-Noël Barrot a également souligné que Paris apportait son soutien à la population libanaise touchée par cette nouvelle guerre.
Aide humanitaire d’urgence
La France a ainsi déjà attribué une aide humanitaire d’urgence de 6 millions d’euros aux organisations humanitaires, a-t-il indiqué. « Et nous nous préparons à acheminer un premier envoi de 20 tonnes de médicaments, de couvertures, de tapis, de lampes solaires qui devraient parvenir au Liban dès mars », a-t-il poursuivi.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans ce conflit régional en revendiquant le 2 mars une attaque contre Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué dans les premières heures de l’opération américano-israélienne contre l’Iran.
Depuis lors, Israël a lancé une vaste campagne de frappes. Il a de nouveau bombardé lundi la banlieue sud de Beyrouth en affirmant cibler le Hezbollah, qui a signalé de violents combats dans l’est du Liban contre des troupes israéliennes arrivées par hélicoptère.

