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Turquie : Le maire d’Istanbul face à plus de 2.400 ans de prison pour corruption

Ekrem Imamoglu, maire d’Istanbul, comparaît à partir de ce lundi devant le tribunal de Silivri dans une affaire de corruption. Le CHP, principal parti d’opposition en Turquie, a remporté une victoire aux élections locales de mars 2024 contre l’AKP du président Erdogan.


Il est considéré comme l’un des rares hommes politiques turcs capables de battre Erdogan lors de la présidentielle prévue avant mi-2028. Emprisonné depuis un an, le maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, se présente ce lundi devant le tribunal de Silivri dans une vaste affaire de corruption. Âgé de 54 ans, celui qui avait été choisi comme candidat du CHP (Parti républicain des peuples, social-démocrate), principal parti d’opposition en Turquie, est accusé d’avoir dirigé un réseau criminel sur lequel il exercerait une influence « telle une pieuvre. »

Arrêté le 19 mars 2025, Ekrem Imamoglu fait face, avec 407 autres accusés, à des charges allant de la corruption au détournement de fonds et à l’espionnage. Il risque une peine pouvant atteindre 2.430 ans de prison.

Avant le début de ce procès massif, les organisations de défense des droits humains Human Rights Watch et Amnesty International ont dénoncé l’utilisation du système judiciaire turc pour éliminer les opposants politiques. « Cela porte la marque d’une tentative d’intimidation des opposants politiques et de réduction au silence des voix dissidentes dans le pays », a déclaré Dinushika Dissanayake, directrice adjointe d’Amnesty International pour l’Europe. « Ce procès de masse est l’exemple le plus extrême de l’instrumentalisation inquiétante du système judiciaire turc, dont l’indépendance a désormais été presque entièrement anéantie », a-t-elle ajouté.

Le CHP avait remporté une victoire aux élections locales de mars 2024 contre l’AKP du président Erdogan au pouvoir et a depuis été la cible d’une large répression judiciaire, avec quinze de ses maires incarcérés. À l’ouverture du procès, le CHP prévoit d’installer des tentes en signe de solidarité devant le tribunal de Silivri.