Pension décente, enjeu central de la lutte féministe du 8 mars
Dix organisations de défense des droits des femmes francophones et néerlandophones, dont Femma, Rebelle et Furia, ont publié une lettre ouverte pour dénoncer l’inégalité renforcée par le durcissement des règles en matière de droit à la pension, affectant plus directement les femmes. Selon les chiffres 2023 de Statbel, 40% des femmes belges travaillent à temps partiel, tandis qu’elles effectuent 68% du travail non rémunéré et consacrent en moyenne 9,5 heures aux tâches domestiques.
Cette inégalité sera accentuée par le renforcement des règles concernant le droit à la pension, notamment en cas de carrière interrompue. Ce durcissement impacte plus particulièrement les femmes, qui sont plus nombreuses que les hommes à interrompre leur carrière pour s’occuper de leurs enfants et/ou de proches.
Dix organisations de défense des droits des femmes, tant francophones que néerlandophones, telles que Femma, Rebelle et Furia, ont publié une lettre ouverte pour dénoncer cette situation.
Elles rappellent que d’après les chiffres de 2023 de Statbel, 40 % des femmes belges travaillent à temps partiel. En revanche, elles réalisent 68 % du travail non rémunéré (tâches ménagères, soins et aide aux proches…) et consacrent en moyenne 9,5 heures aux tâches domestiques.
Le collectif « Marche mondiale des femmes », organisateur de la marche du 8 mars, critique des réformes « prétendument neutres » mais qui, selon eux, sont « en réalité, profondément genrées. Ces mesures renforcent la dépendance économique et saturent le travail de soin non rémunéré exercé principalement par les femmes. »
Cette analyse est également partagée par le Conseil d’État, qui a rendu un avis en février. L’instance estime qu’il est probable que les femmes aient plus de difficultés à remplir les conditions de carrière nécessaires pour bénéficier d’une retraite anticipée.
Les femmes davantage impactées
Dans le nouveau régime, une année de carrière correspondra à 156 jours travaillés, contre 104 jours actuellement. Seulement 62,5 % des femmes ayant accès aujourd’hui à une retraite anticipée rempliraient les nouvelles conditions, contre 78,8 % des hommes. Les femmes qui ne rempliront pas les conditions seront soumises à un malus de retraite, une des mesures phares de la réforme.
Concrètement, les organisations féministes demandent le retour à la règle des 104 jours pour la retraite anticipée. Elles réclament également une exemption de pénalité de retraite pour ceux qui peuvent justifier de 7 020 jours de travail effectifs au cours de leur carrière.
Les soins, la parentalité et l’aide informelle doivent également être pleinement reconnus comme partie intégrante de la carrière, affirment-elles. « Les soins sont indispensables à la société et il est inacceptable que celles qui les dispensent soient pénalisées financièrement », estiment le Conseil des femmes, Femma, Rebelle, ACV, Zijkant, Ella vzw, Collectief 8 maars, FOS, Furia et ABVV (FGTB).

