Tunisie

Climat des affaires : Les faiblesses structurelles profondes à affronter

Les entreprises tunisiennes sont confrontées à un environnement de plus en plus instable, rendant difficile le maintien d’un avantage compétitif. L’enquête de l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (Itceq) révèle que la perception du climat des affaires en Tunisie est globalement défavorable parmi les dirigeants d’entreprises.

Dans un contexte de forte concurrence, les entreprises tunisiennes font face à un environnement de plus en plus instable, rendant difficile le maintien d’un avantage compétitif.

Ces entreprises se livrent à une concurrence sur des marchés de plus en plus turbulents et incertains, en raison du rythme rapide des changements.

La Presse — Un climat des affaires favorable constitue un déterminant de compétitivité, offrant des opportunités aux entreprises d’accéder à des avantages concurrentiels.

Il est évident qu’en matière d’opportunités, il convient de souligner que l’économie tunisienne dispose des ressources et du capital humain nécessaires pour attirer les investissements directs étrangers.

À cela s’ajoute une position géographique favorable, proche du marché européen ainsi que du marché régional.

Cependant, la compétitivité de la Tunisie se heurte à plusieurs obstacles. En effet, la détérioration des principaux indicateurs économiques observés après la révolution de 2011 a rendu le climat des affaires du pays vulnérable.

Le handicap majeur réside dans les contraintes administratives et financières.

Ces contraintes, associées à d’autres facteurs réglementaires, compromettent la compétitivité des entreprises et du pays dans son ensemble. Parce qu’il en est ainsi, améliorer le climat des affaires est aujourd’hui un impératif stratégique pour la Tunisie, capable de catalyser l’investissement privé national et étranger, de soutenir la croissance et de stimuler la création d’emplois.

« Identifier et prioriser les domaines d’intervention s’avère non seulement une condition sine qua non pour promouvoir l’investissement, mais également une nécessité pour élever la qualité du climat des affaires aux meilleures pratiques internationales dans un environnement de plus en plus concurrentiel », souligne l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (Itceq) dans une enquête récemment publiée intitulée « Analyse du climat des affaires en Tunisie : renouveau méthodologique et leviers d’action prioritaires ».

L’enquête révèle que la perception du climat des affaires en Tunisie est, de manière générale, défavorable parmi les dirigeants d’entreprises, à l’exception notable des sociétés opérant sous le régime off-shore, qui affichent une vision plus positive.

Trois piliers prioritaires

L’Itceq appelle d’urgence à agir face à la dégradation de l’environnement des affaires, confirmée par les indicateurs internationaux ainsi que par les témoignages des entrepreneurs. Cette situation reflète des faiblesses structurelles profondes qui pourraient affecter durablement la base économique du pays si elles ne sont pas traitées.

L’enquête identifie trois piliers prioritaires : la stabilité institutionnelle, le renforcement de la bonne gouvernance et la modernisation des dispositifs d’appui aux entreprises, notamment en relation avec l’économie de la connaissance.

Ces axes sont considérés comme essentiels pour restaurer la confiance, relancer l’initiative privée et placer la Tunisie sur une trajectoire de compétitivité durable.

Par ailleurs, il est crucial de mettre en œuvre des stratégies à long terme pour améliorer le climat des affaires et le rendre propice à l’épanouissement des entreprises.

Il est également urgent de relancer l’investissement productif en Tunisie en améliorant le cadre réglementaire et institutionnel, afin de renforcer son attractivité, en accélérant les réformes macroéconomiques.

Il s’agit également de combattre la bureaucratie qui tend à étouffer l’économie du pays, en réduisant les contraintes réglementaires, en diminuant progressivement l’écart entre les institutions formelles et informelles et surtout, en facilitant les procédures pour les investisseurs étrangers.

L’instauration d’une plus grande transparence devient une urgence, nécessitant des mesures sérieuses pour lutter contre la corruption.

Consacrer la confiance

Identifier les obstacles, les faiblesses et les difficultés que rencontrent les entreprises est devenu un travail constant impliquant plusieurs acteurs publics et privés.

L’environnement interne et externe des entreprises n’a pas été favorable depuis des années, perturbant leur développement et la mise en œuvre des réformes stratégiques.

Souvent, en période de crise, les conditions de changement deviennent plus favorables. L’ambition actuelle est de réaliser des progrès en s’attaquant aux obstacles les plus difficiles. Il est impératif qu’en période d’incertitude économique, améliorer l’environnement des affaires soit nécessaire pour renforcer la confiance entre les différentes parties prenantes des secteurs public et privé selon une approche participative, favorisant les conditions de production et la compétitivité des entreprises ainsi que celle de l’économie nationale et renforçant l’attractivité de la Tunisie pour les investissements étrangers.