Lutte contre l’exploitation excessive des trottoirs : avancées inégales !
La municipalité de Chihia a mené une campagne de terrain pour recenser les infractions d’exploitation excessive des trottoirs et a procédé à l’enlèvement immédiat de tous les équipements installés illégalement par certains cafés. Plusieurs campagnes similaires contre l’occupation illégale de la voie publique ont été menées à travers la Tunisie au premier trimestre de l’année 2026.

En coordination avec le poste de police municipale de la région, la municipalité de Chihia, située dans le gouvernorat de Sfax, a lancé une campagne de terrain pour recenser les infractions liées à l’exploitation excessive des trottoirs et mettre en œuvre les mesures nécessaires.
Cette initiative s’inscrit dans un effort visant à lutter contre le phénomène d’occupation abusive des trottoirs par les responsables de commerces et de cafés.
Dans un communiqué, la municipalité a annoncé avoir procédé à l’enlèvement immédiat de tous les équipements installés illégalement par certains cafés sur les trottoirs. Ces campagnes visent à dissuader les pratiques qui entravent la circulation des piétons et limitent leur droit à l’usage de trottoirs sécurisés. La municipalité a également précisé que « ces campagnes se poursuivront afin de garantir le rétablissement de l’ordre public et de protéger l’intérêt général des usagers de la route. »
Il convient de rappeler que plusieurs campagnes similaires visant à contrer l’occupation illégale de la voie publique et des trottoirs ont été menées à travers la Tunisie durant le premier trimestre de l’année 2026.
La Campagne nationale va bon train
Ces opérations s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie nationale destinée à libérer l’espace urbain et à assurer la sécurité des piétons. Plusieurs municipalités à l’intérieur du pays ont participé à cette initiative.
Parmi les interventions notées, une opération surprise a eu lieu le 1er mars 2026, à Cité El Khadhra à Tunis, où la police municipale a ciblé les trottoirs, l’hygiène et les soirées musicales non autorisées dans les cafés et restaurants du quartier.
De plus, une vaste campagne a été réalisée dans divers gouvernorats du Grand Tunis le 12 février, visant à la fois à garantir la sécurité publique et à respecter les périmètres d’exploitation commerciale.
Sans municipalités sur place, des quartiers oubliés …
Bien que la lutte contre les installations et étals anarchiques ait été efficace depuis janvier, avec près de 300 étals illégaux démantelés obstruant la voie publique, de nombreuses municipalités continuent, malheureusement, de faire la sourde oreille.
Ce manque d’action concerne non seulement l’exploitation excessive des trottoirs, mais également la prolifération inquiétante des chiens errants et l’état déplorable des routes, jonchées de nids-de-poule.
Des exemples incluent l’Aouina et la Soukra, qui, malgré leurs vastes surfaces, ne relèvent pas d’une véritable municipalité unique, mais sont partagées entre plusieurs, devant faire face à un jeu de responsabilités. Ces deux zones semblent à la traîne par rapport à d’autres quartiers où des progrès sont notables.
En effet, les compétentes autorités municipales sont souvent absentes, et les responsables municipaux se trouvent ailleurs, notamment à l’Ariana, à El Kram et à la Goulette, suggérant qu’ils ont d’autres priorités.
Cette situation laisse croire que les services municipaux avancent en Tunisie à deux vitesses, laissant les habitants de ces quartiers, qui sont pourtant des centaines de milliers, à perpétuellement payer leurs impôts et exercer leur droit de vote, se sentir comme des citoyens de seconde zone.

