Guerre en Iran : Enquête sur la responsabilité des États-Unis dans la frappe d’une école
Les autorités iraniennes affirment que la frappe qui a touché l’école à Minab a causé près de 175 morts. L’Unicef a rapporté un bilan de 168 élèves tués, dont une majorité d’écolières âgées de 7 à 12 ans.
Les États-Unis seraient-ils responsables de la frappe ayant touché une école à Minab, en Iran, qui aurait causé, selon les autorités iraniennes, près de 175 morts ? Ce vendredi, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a réclamé une enquête américaine sur ce bombardement « rapide » et « transparente ». Actuellement, ni les États-Unis ni Israël n’ont confirmé cette attaque, qui représente l’épisode le plus meurtrier connu en termes de victimes civiles depuis le début des opérations militaires de ces deux pays contre l’Iran.
Washington affirme que le Pentagone réalise une enquête, tandis que le New York Times évoque la possibilité d’une implication américaine. En effet, le journal rapporte qu’il pourrait s’agir d’un bombardement américain visant une base navale des Gardiens de la révolution, située à proximité.
Les États-Unis ont mené des frappes simultanées contre des cibles très proches. En s’appuyant sur des images satellites, des publications sur les réseaux sociaux et des vidéos vérifiées, le New York Times a indiqué que l’école avait été gravement endommagée par une attaque coïncidant avec les frappes contre cette base navale adjacente. Les déclarations officielles sur des frappes américaines visant des cibles navales près du détroit d’Ormuz, à proximité de la base iranienne, « suggèrent qu’elles étaient les plus susceptibles d’avoir mené la frappe », précise le quotidien.
L’enquête écarte la possibilité d’une frappe de missile iranien sur l’école. Si cela se confirme « qu’il s’agit d’une bombe américaine qui a touché (l’école) Shajarah Tayyebeh, il faudra déterminer si la frappe sur l’école était une erreur ou si elle a été effectuée sur la base d’informations erronées », mentionne le journal.
Reuters, s’appuyant sur deux responsables américains anonymes, a rapporté que des enquêteurs militaires américains considèrent « probable » que les forces américaines soient « responsables » de la frappe sur l’école, tout en précisant que les investigations ne sont pas encore achevées.
De plus, une enquête du journal français Le Monde, parue jeudi, a confirmé la présence d’enfants et de victimes civiles lors du bombardement. « Des jeunes enfants ont bien été tués », écrit Le Monde, qui a examiné des dizaines de photos et vidéos.
À Genève, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé l’espoir que l’enquête américaine « sera rapide et se déroulera en toute transparence ». Il a également insisté sur la nécessité de rendre des comptes aux responsables, soulignant qu’il est clair que des erreurs ont été commises et qu’il devrait y avoir « réparations et compensations ».
Le bilan total des victimes n’a pas été vérifié de manière indépendante, mais les autorités et médias iraniens affirment que la frappe a tué plus de 150 personnes, dont de nombreux enfants, à l’école primaire Shajarah Tayyebeh. L’Unicef a quant à lui rapporté un bilan de 168 élèves tués, avec une majorité de « filles âgées de 7 à 12 ans ».
L’AFP n’a pas pu accéder au site pour confirmer de manière indépendante le bilan ou les circonstances des événements, mais a établi que le bâtiment était situé à proximité de deux sites contrôlés par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC), la garde idéologique du régime. Volker Türk a rappelé qu’une école est une institution civile qui ne devrait « jamais être attaquée », exprimant de « sérieuses préoccupations » concernant le respect du droit international humanitaire et interrogé sur le type d’armes utilisées lors de cette attaque présumée.
Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme a réitéré l’importance d’établir les responsabilités, car il est évident que des erreurs ont été commises, ajoutant que la responsabilisation est « absolument essentielle », tout comme les réparations et indemnisations. Il a également espéré pouvoir se rendre à Washington « plus tard ce mois-ci ».

