Guerre en Iran : Le transport maritime de marchandises ne se fait plus avec le Golfe
Les leaders mondiaux du transport maritime, dont Maersk, Hapag-Lloyd, MSC, CMA-CGM et Cosco, ont suspendu leur réservation vers et depuis les pays du Golfe Persique depuis le début de la guerre en Iran. Depuis la France, les produits exportés incluent principalement des produits agricoles, cosmétiques, produits de luxe et pharmaceutiques.
Les principaux leaders mondiaux du transport maritime de marchandises, à savoir le danois Maersk, l’allemand Hapag-Lloyd, l’italo-suisse MSC, le français CMA-CGM et le chinois Cosco, ont tous rapporté depuis le début de la guerre en Iran qu’ils suspendent les réservations vers et depuis les pays du Golfe Persique. Ce vendredi, Maersk a annoncé dans un communiqué la suspension temporaire de ses deux liaisons reliant l’Europe au Moyen-Orient et l’Extrême-Orient au Moyen-Orient.
Cette décision fait suite à l’attaque d’un porte-conteneurs, touché mercredi par deux missiles alors qu’il tentait de traverser le détroit d’Ormuz, à la sortie du Golfe, où de nombreux navires sont immobilisés. Les zones de navigation du Golfe ont été classées « zone d’opérations de guerre » par le secteur maritime ce jeudi.
### Navires et marchandises déroutés
Les cargaisons actuellement en mer, destinées à l’Irak (Port d’Umm Qasr), au Bahreïn, au Koweït, au Yémen, au Qatar, à Oman, aux Émirats arabes unis, et au Royaume d’Arabie saoudite (ports en Mer d’Arabie), sont principalement redirigées vers des ports plus sûrs. Par exemple, la CMA-CGM propose à ses clients des solutions de repli pour livrer vers un autre port ou lieu par route ou rail, le coût supplémentaire étant à la charge de la marchandise.
Bien que le détroit d’Ormuz soit crucial pour le trafic pétrolier, il n’est pas essentiel pour la grande route des marchandises Asie-Europe empruntée par les porte-conteneurs, car la voie se termine en cul-de-sac aux abords du Koweït, de l’Irak et de l’Iran, selon les analystes. En revanche, le détroit est fondamental pour les échanges régionaux, permettant aux marchandises d’arriver au port de Dubaï, Jebel Ali, qui est le 10e port mondial de conteneurs et un hub de redistribution vers plus d’une dizaine de pays.
### L’axe Inde-Chine-Océanie davantage affecté
Les porte-conteneurs y déchargent leurs cargaisons sur des navires plus petits à destination de pays allant de l’Afrique de l’est à l’Inde, précise Anne-Sophie Fribourg, vice-présidente de l’union TLF, qui regroupe les commissionnaires de transport en France, intermédiaires entre exportateurs/importateurs et armateurs.
La grande majorité (70 %) des marchandises transportées via le détroit d’Ormuz sur des porte-conteneurs provient de l’axe Inde-Chine-Océanie : la moitié est constituée de produits industriels, chimiques et automobiles. L’autre moitié concerne des produits électroménagers, des meubles, du textile, des cosmétiques et des produits agro-alimentaires, selon une source du transport maritime.
Selon la même source, les produits venant d’Europe représentent moins de 10 % du total. Les voitures et machines proviennent d’Allemagne. Depuis la France, ce sont principalement des produits agricoles, cosmétiques, des articles de luxe et pharmaceutiques. L’Italie exporte de l’agroalimentaire, beaucoup de marbre et de céramiques, tandis que les Pays-Bas se concentrent sur l’agroalimentaire, complète Anne-Sophie Fribourg.

