Hausse de l’énergie : trois questions pour réduire votre facture
Depuis l’attaque américaine et israélienne sur l’Iran, le régime iranien revendique le contrôle total du détroit d’Ormuz, point de passage maritime de 20% du pétrole et du gaz liquéfié dans le monde. Selon l’économiste d’ING, l’évolution des prix de l’énergie dans les semaines à venir dépendra surtout de la situation en Iran.
Pourquoi la guerre au Moyen-Orient fait-elle augmenter les prix du pétrole et du gaz ?
Depuis l’attaque américaine et israélienne sur l’Iran, le régime iranien affirme contrôler totalement le détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20% du pétrole et du gaz liquéfié mondiaux. Le marché mondial de l’énergie a réagi à cette réduction des ressources disponibles par une augmentation des prix.
Charlotte de Montpellier indique qu’il s’agit davantage d’un **effet de concurrence** que d’un réel risque pour la sécurité d’approvisionnement, très éloigné de la crise énergétique de 2022 causée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie : « Si jamais le gaz se fait plus rare, les États-Unis pourraient vendre le leur ailleurs que chez nous, par exemple aux Asiatiques, qui paieraient plus cher. Ce n’est pas parce qu’on a un risque sur l’approvisionnement que les prix se renforcent, mais parce qu’il y a une bataille pour avoir les unités produites. » L’approvisionnement en gaz naturel liquéfié en Europe provient majoritairement des États-Unis et de la Russie, et seulement 4% du Qatar, précise à ce sujet Laurent Jacquet.
Des pays comme la Belgique, qui possédaient des réserves de carburants avant le début du conflit, **ont pu anticiper une hausse future des prix** avec leurs fournisseurs, ce qui explique pourquoi les tarifs à la pompe sont déjà en hausse.
Faut-il préférer un contrat fixe ou variable ? Changer de fournisseur ?
Avec l’instabilité des prix de l’énergie, de nombreux ménages s’interrogent sur l’opportunité de passer d’un contrat variable à un contrat fixe. Pour les experts, il est encore trop tôt pour prendre ce type de décision, six jours après le début du conflit, et avec une hausse des prix réelle mais modérée. « Si la guerre se résout dans quelques semaines, les prix vont se détendre », estime Laurent Jacquet.
Julie Frère rappelle également que « le printemps arrive, il y a une moins forte demande en énergie, et donc potentiellement une baisse des prix, puisque votre consommation personnelle va être beaucoup plus faible. »
La porte-parole de Testachats conseille de choisir son contrat en fonction de son profil de consommateur : « Si vous êtes quelqu’un de proactif, qui suit l’évolution des prix et qui est prêt à réagir s’il le faut pour changer de contrat, c’est intéressant aujourd’hui de garder un contrat variable, globalement moins cher. Mais si vous voulez le prix de la tranquillité avec un contrat fixe, vous payez un peu plus cher, mais vous êtes confortable pendant les mois à venir, et puis rien ne vous empêche de repasser un contrat variable une fois que vous avez été rassuré. »
Laurent Jacquet invite à comparer son contrat de gaz au reste du marché, grâce à des outils comme CREG Scan. « Vous avez des différences de prix parfois jusqu’à 800 euros entre contrats. Et la majorité des consommateurs vont vers les contrats les plus chers du marché », observe le directeur du CREG.
Faut-il s’inquiéter d’une hausse généralisée des prix dans les mois à venir ?
Une augmentation des prix de l’énergie engendre mécaniquement de l’inflation, c’est-à-dire une hausse générale des prix, « parce qu’on paie notre énergie plus cher, que les coûts de production des entreprises augmentent, et elles doivent augmenter leurs prix de vente », explique l’économiste Charlotte de Montpellier.
Cependant, elle assure qu’il n’y a rien de comparable à l’inflation sur les produits alimentaires qui a eu lieu en Europe en 2022 : « L’hypothèse la plus probable à ce stade, c’est **plus d’inflation, mais une économie qui croît toujours**, tant que les prix restent à ce niveau-là. »
Les ménages belges devraient être relativement protégés de cette hausse des prix, **grâce à l’indexation automatique des salaires** sur l’inflation. Charlotte de Montpellier invite toutefois à rester prudents, car « le risque inflationniste est vraiment là ».
Selon l’économiste d’ING, l’évolution des prix de l’énergie dans les semaines à venir dépendra surtout de la situation en Iran : « Une des possibilités, c’est que le détroit s’ouvre, même si le conflit dure. Dans ce cas, les prix continueront à rester plus soutenus qu’au début de l’année. Par contre, **on ne devrait pas avoir de hausse en continu**. »
► **Écoutez l’intégralité de ce débat dans le podcast de _Matin Première_ ci-dessus.**

