Belgique

Acheter un bien immobilier coûte trop cher : découvrez une alternative.

À Bruxelles, en 2022, le prix moyen d’une maison était d’un peu moins de 583.000 € et celui d’un appartement, d’un peu moins de 299.000 €, représentant respectivement une augmentation de 8% et 10% par rapport à il y a cinq ans. En Wallonie, les prix moyens étaient environ de 270.000 € pour une maison et 209.000 € pour un appartement, avec des augmentations de plus de 21% pour les maisons et 11,3% pour les appartements sur la même période.


Acheter un bien immobilier en Belgique devient de plus en plus onéreux. À Bruxelles, l’année dernière, le prix moyen d’une maison était d’environ 583.000 €, tandis qu’un appartement coûtait en moyenne 299.000 €, soit des augmentations respectives de 8 % et 10 % par rapport à cinq ans auparavant.

En Wallonie, les prix sont en moyenne de 270.000 € pour une maison et 209.000 € pour un appartement. Cela correspond à une hausse de plus de 21 % en cinq ans pour les maisons et de 11,3 % pour les appartements.

Pour acquérir un bien, il est nécessaire de fournir au moins 10 % de la valeur en fonds propres à la banque, ainsi que d’apporter du capital pour couvrir les frais de notaire, les frais de dossier et les droits d’enregistrement.

Concrètement, pour un bien à 250.000 euros en Wallonie, l’apport total sera d’environ 65.000 € si les droits d’enregistrement sont à 12,5 %, ou environ 40.000 € si ces droits sont à 3 %.

Actuellement, les taux hypothécaires moyens sont au plus haut depuis dix ans et devraient légèrement augmenter dans les mois à venir. En janvier, le taux fixe moyen sur 25 ans s’élevait à 3,89 %, soit 2,1 % de moins qu’au pic de la crise économique de 2008, mais 2,45 % de plus qu’en décembre 2020.

Les autorités belges peuvent-elles agir pour assouplir les conditions des banques ? « Nous avons prévu dans l’accord de majorité bruxellois plus de 200 millions à taux 0. Cela veut dire que c’est le pouvoir public qui va se substituer à la banque et prendre en charge le taux d’intérêt. Cela permet aux gens d’accéder à la propriété », répond Philippe Close, bourgmestre de Bruxelles-ville et vice-président du PS.

Cécile Neven, ministre wallonne du Logement et de l’Énergie (MR), affirme aussi qu’il est possible d’accéder au crédit social. « On peut emprunter jusqu’à 110 % du montant du bien que l’on souhaite acheter, ce qui n’est pas possible dans le monde bancaire classique. Cela permet d’accéder à la propriété sans devoir apporter le montant de base », explique-t-elle.

Une alternative pour le logement est la création de logements moyens acquisitifs. Barbara Decamps, responsable de la communication chez Citydev.brussels, indique que son institution produit ce type de logement depuis la fin des années 80, afin que les revenus moyens puissent devenir propriétaires. Citydev.brussels propose également une aide régionale de 30 % sur le prix du logement, facilitant ainsi l’emprunt puisque le montant à sortir est réduit.

« La Région reste propriétaire du sol, ce qui lui permet de poursuivre sa politique de logement public », souligne Barbara Decamps.

Diane Delava présente le Fonds Re Living, un fonds pour financer des logements abordables. « Nous finançons des initiatives sans en créer nous-mêmes, offrant un retour sur investissement de 2,5 % aux investisseurs pour avoir un impact sociétal positif », explique-t-elle.

Le Belge étant un grand épargnant, avec près de 302 milliards d’euros placés sur des comptes d’épargne réglementés à la fin 2025, Cécile Neven évoque l’idée de mobiliser ce capital pour financer des logements abordables. Elle précise qu’une collaboration est établie avec des investisseurs privés pour la construction de nouveaux logements à prix compétitifs.

Une autre solution pourrait consister à construire des logements plus petits et évolutifs. Joël Polus, directeur Prospection et Développement chez Thomas&Piron, observe que les nouveaux logements sont de plus en plus petits. Son entreprise a mis au point un système de maisons évolutives qui, bien que petites, sont prêtes à recevoir des extensions.

Concernant les appartements, Joël Polus constate une forte demande pour des logements plus petits, en réponse à une réalité démographique et à la diminution de la taille des foyers. Toutefois, il déplore que certaines autorités imposent des tailles de logement plus grandes que ce qui est requis pour des raisons de salubrité, ce qui influence le prix des logements.

Les habitats légers, comme les yourtes ou les tiny houses, constituent une autre alternative aux logements traditionnels. Elise Broers, qui vit dans une yourte qu’elle a confectionnée, affirme que vivre dans un habitat léger est proche de la nature et en dessous des prix du marché pour des constructions neuves. Une yourte comme la sienne coûte environ 45.000 €, sans compter le prix du terrain, qu’il est possible de louer.

Enfin, Steph, dans le Brabant flamand, a construit une annexe pour garder sa mère près de lui. Il souligne que l’investissement pour construire cet espace se rentabilise rapidement comparé aux coûts d’une maison de repos. Cécile Neven assure qu’elle travaille à abroger les obstacles urbanistiques pour les habitats non conventionnels en Wallonie et à Bruxelles, où l’obtention des permis est plus complexe qu’en Flandre, où des dispositifs spécifiques facilitent ce type de logement.