France

Municipales 2026 à Paris : Rachida Dati vise le site « Wikidati »

Depuis le 27 février, un site internet nommé « Wikidati » répertorie les douze affaires judiciaires dans lesquelles Rachida Dati est citée. La candidate LR doit être jugée en septembre 2026 pour recel d’abus de pouvoir et d’abus de confiance, corruption et trafic d’influence passifs par personne investie d’un mandat électif public au sein d’une organisation internationale.


La longueur de cet article reflète les difficultés judiciaires et l’agacement de Rachida Dati. Depuis le 27 février, un site internet nommé « Wikidati » documente en détail les douze affaires judiciaires impliquant la candidate LR à la mairie de Paris.

Cette situation arrive à un moment délicat pour la maire du 7ème arrondissement, à seulement dix jours du premier tour, ce qui pourrait nuire à sa campagne pour l’Hôtel de ville. Selon *le Nouvel Obs*, cela représente un coup dur qu’elle cherche à effacer.

**« Rappeler pourquoi ces faits posent problème du point de vue de la loi »**

« Wikidati » a été créé par Kevin Gernier, employé de l’ONG Transparency International, qui a réalisé ce projet durant son temps libre, sans l’implication de son employeur. Le but est de « rappeler pourquoi ces faits posent problème du point de vue de la loi, mais surtout de l’éthique politique et pourquoi ils remettent en cause l’honnêteté et le désintéressement de la candidate », précise-t-il en introduction sur la page d’accueil.

« Si Rachida Dati a jusqu’à présent réussi à esquiver les conséquences politiques des accusations portées à son encontre, c’est en raison de la logique très particulière qui régit le domaine de la responsabilité politique, distincte de celle de la responsabilité », explique encore Kévin Garnier sur le site.

**Rachida Dati tente de faire fermer le site**

Il compare la situation de Rachida Dati à celle d’Eva Kaili, ex-vice-présidente du Parlement européen dans le cadre du Qatargate. Toutes deux sont soupçonnées d’avoir reçu des pots-de-vin – jusqu’à 878.355 euros pour Eva Kaili, et jusqu’à 3,1 millions d’euros pour Rachida Dati – en échange de décisions favorables dans leurs fonctions d’eurodéputées (en faveur du Qatar, du Maroc et de la Mauritanie pour la première, dont les intérêts du Qatar, de l’Azerbaïdjan, d’Engie, de Renault-Nissan et d’Orange pour l’ancienne ministre de la Culture).

« Les deux bénéficient de la présomption d’innocence en attendant leur procès. Pourtant, Eva Kaili a été déchue de son poste de vice-présidente dès le lendemain de la perquisition de son domicile en décembre 2022, tandis que Rachida Dati a été perquisitionnée à trois reprises depuis 2019, tout en étant promue au gouvernement », rappelle-t-il.

**Une « atteinte à la présomption d’innocence » ?**

Le créateur du site récapitule ainsi les douze « affaires » dans lesquelles Rachida Dati est impliquée : corruptions (par Carlos Ghosn, GDF-Suez, Qatar, Azerbaïdjan, Orange), complicité de détention illégale par le Qatar, bijoux non déclarés, financement de ses frais d’avocats avec de l’argent public, interventions pour appuyer des demandes de logements sociaux, y compris celle de sa sœur, frais de bouche et communication réglés avec des fonds publics, tromperie sur son CV pour son entrée à l’école nationale de la magistrature. Tous les sujets sont abordés.

Des recours à des procédures baillons ont également été évoqués. D’après l’auteur, une nouvelle ligne a été ajoutée cette semaine, mentionnant une demande de retrait du contenu de Wikidati adressée à l’hébergeur OVH ; cette demande a été faite trois heures après la mise en ligne du site par Jérôme Sterkers, responsable de la campagne de Rachida Dati pour les municipales de 2026. Le motif de cette demande serait, selon *le Nouvel Obs*, « une atteinte à la présomption d’innocence » et une « diffamation ».

**Un procès pour corruption en septembre prochain**

Pour sa part, Kevin Gernier reste calme. « Sur le site, j’explique bien qu’elle est présumée innocente et qu’il reviendra à la justice de décider s’il y a eu délit ou pas », souligne-t-il. « Cependant, la présomption d’innocence n’est pas un totem d’immunité permettant d’interdire toute discussion publique sur d’éventuels manquements éthiques », ajoute-t-il.

Pour rappel, la candidate LR doit comparaître en septembre 2026 pour recel d’abus de pouvoir et d’abus de confiance, corruption et trafic d’influence passifs par une personne investie d’un mandat électif public au sein d’une organisation internationale (le Parlement européen) dans l’affaire Carlos Ghosn. Ce procès pourrait jeopardiser son éligibilité… et son poste de maire de Paris.