France

Interdiction européenne du terme « steak végétal », sauf pour saucisses et burgers.

La dénomination de steak végétal va être interdite dans l’Union européenne, mais les hamburgers veggies et les saucisses végétales pourront garder leurs noms. En France, un décret proposant d’interdire ce type d’appellation avait été pris en 2024, mais il avait été annulé par le Conseil d’Etat fin janvier 2025.


La désignation de steak végétal sera prohibée au sein de l’Union européenne, mais les saucisses et burgers végétariens resteront autorisés, selon un compromis conclu jeudi entre les eurodéputés et les États membres.

Des membres de la droite et le secteur de la viande souhaitaient interdire des termes tels que steak, burger ou saucisse pour des produits végétariens, arguant de la nécessité de protéger les éleveurs. Ce sujet a été l’objet de négociations intenses, alors que les alternatives végétales connaissent une forte croissance, surtout en Allemagne, qui est le principal marché européen dans ce domaine.

En fin de compte, un accord a été atteint pour réserver les termes steak, bacon ou foie exclusivement aux produits carnés. En revanche, les hamburgers végétaux et les saucisses végétales pourront continuer à utiliser leurs appellations pour l’instant. Cet accord doit encore être soumis à un vote du Parlement et des Vingt-Sept.

Céline Imart, eurodéputée de droite et auteure de la proposition, a salué ce qui constitue « un premier pas ». Elle souligne également « l’interdiction d’utiliser l’appellation viande pour tout produit de laboratoire ou tout produit cellulaire », qualifiant cela d’« avancée décisive pour nos agriculteurs ».

L’écologiste néerlandaise Anna Strolenberg a exprimé son regret face à cette « liste noire » pour certaines désignations tout en se réjouissant d’avoir préservé le « veggie burger ».

Les associations de consommateurs ont critiqué le compromis atteint. Le Bureau européen des unions de consommateurs a déclaré : « Les consommateurs veulent manger plus sainement […]. Les nouvelles règles ne feront qu’accroître la confusion et sont tout simplement inutiles ».

En Allemagne, les chaînes de supermarchés Lidl et Aldi avaient plaidé pour ne pas interdire des noms devenus « familiers » pour les consommateurs. D’un autre côté, les éleveurs et le secteur de la viande reprochaient aux alternatives végétales de « brouiller les repères et d’affaiblir la reconnaissance d’un produit brut et 100 % naturel », en « s’appropriant les dénominations de la viande à des fins marketing ».

En France, un décret visant à interdire ce type de dénomination avait été adopté en 2024 pour calmer le mécontentement des agriculteurs. Toutefois, ce décret a été annulé par le Conseil d’Etat fin janvier 2025, suite à une décision de la Cour de justice de l’Union européenne.

Au Parlement européen, un projet de loi sur le même sujet avait été rejeté en 2020. Cependant, les dynamiques politiques ont évolué à Strasbourg, où la droite et l’extrême droite ont émergé renforcées des élections de juin 2024, revendiquant leur proximité avec le monde agricole. Néanmoins, cette mesure suscitait des divisions au sein de ces groupes.

Les produits végétariens imitant la viande ont gagné en popularité ces dernières années, en raison des préoccupations des consommateurs concernant une alimentation saine, la protection des animaux et la réduction de leur empreinte environnementale, le secteur de l’élevage étant un important émetteur de CO2.