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Guerre en Iran : L’État est-il vraiment « le grand gagnant » des prix des carburants ?

Le prix du litre de SP-95/E10 se vendait en moyenne à 1,78 euro jeudi matin, soit 7 centimes de plus que le 27 février. Selon l’Ufip, le prix du litre de carburant se décompose en environ 30 % pour le coût des matières premières, de 50 à 55 % pour les taxes et de 15 à 20 % pour les coûts de distribution.


Conséquence directe de la guerre en Iran, le prix des carburants augmente dans les stations-services françaises. Alors que les automobilistes commencent à affluer vers les pompes, certains estiment que l’État tire profit de la situation pour augmenter ses revenus.

« Le grand gagnant dans cette affaire, c’est qui ? C’est l’État », a déclaré jeudi Dominique Schelcher, PDG de la Coopérative U, sur France Info. « Plus de 51 % du prix que vous payez à la pompe part directement dans les poches de l’État », a-t-il affirmé. Il a ajouté que « l’essentiel du prix du carburant, ce ne sont pas les marges des distributeurs comme on pourrait l’imaginer, mais les taxes. »

En France, le prix de l’essence est libre depuis 1985 et varie selon l’évolution du marché, comme le souligne l’Assemblée nationale dans sa Méthodologie de calcul du prix des carburants à la pompe en France. D’après l’Ufip (Union française des industries pétrolières), le prix du litre de carburant se décompose ainsi : environ 30 % pour le coût des matières premières, de 50 à 55 % pour les taxes et de 15 à 20 % pour les coûts de distribution.

Cependant, Pierre Chasseray, délégué général de 40 millions d’automobilistes, a argumenté que le prix du carburant « monte toujours plus vite » qu’il ne « rebaisse ». Il a souligné que la part de la distribution est inférieure à 20 centimes sur le prix total, ajoutant qu’il y a « une pression fiscale trop importante sur les prix des carburants. »

### Pas une « bonne nouvelle » pour les finances publiques

Ces déclarations médiatiques ont incité le ministère de l’Économie à intervenir. « Un choc pétrolier n’a jamais été une bonne nouvelle pour les finances publiques », car « cela affecte la croissance et donc les recettes de l’État », a indiqué Roland Lescure.

Il a précisé que « concernant la fiscalité énergétique, la seule part qui augmente quand les prix montent, c’est la TVA », fixée à 20 %. Selon le ministère, la part qui représente la plus grande part des recettes « ne dépend pas du prix du carburant. »

Mercredi, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, avait annoncé que des contrôles de la répression des fraudes seraient mis en place pour s’assurer que les hausses de prix des carburants restent « raisonnables ». Jeudi matin, le litre de SP-95/E10 se vendait en moyenne à 1,78 euro, selon les prix à la pompe recensés par Bercy, soit 7 centimes de plus que le 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines en Iran. Selon les données disponibles sur le site du gouvernement, le litre dépassait les 2 euros dans certaines stations.