France

Le collectif Némésis ne participe pas à la manifestation du 8 mars à Paris.

Le collectif d’extrême droite Némésis a annoncé qu’il ne sera pas présent à la manifestation parisienne du 8 mars, journée internationale des droits des femmes. Mi-février à Lyon, le militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque, âgé de 23 ans, est décédé après avoir été violemment frappé.


Ce jeudi, le collectif d’extrême droite Némésis a annoncé qu’il ne participera pas à la manifestation parisienne du 8 mars, jour international des droits des femmes. Il tiendra son propre rassemblement, suite à la demande d’interdiction de sa présence formulée par des organisations féministes et des syndicats, concernant le cortège prévu partant de la place Stalingrad jusqu’à la République à 14 heures.

« Pour le 8 mars 2026, le collectif Némésis organise un hommage aux victimes, en remplacement de son cortège habituel dans la manifestation Nous Toutes », a déclaré sa présidente Alice Cordier.

### Les manifestations « perturbées par la participation de Némésis »

« A l’appel du collectif Némésis » aura également lieu « un rassemblement statique place Jean Lorrain (16e arrondissement) », dans l’ouest de Paris, décision prise après un « dialogue avec les organisateurs des différents rassemblements […] afin de concilier la liberté de manifester et la sécurité de l’ensemble des publics », précise la préfecture de police de Paris (PPP).

La PPP avait reçu mercredi des associations qui avaient, dans une lettre adressée au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez la semaine précédente, demandé l’interdiction de ce collectif identitaire à la manifestation.

Les signataires de cette lettre ouverte — la CGT, la CFDT, l’Unsa, Solidaires, la FSU, le Planning familial, ainsi que Osez le féminisme — ont souligné que, depuis plusieurs années, la participation de Némésis « perturbe » les manifestations organisées pour le 8 mars.

### Instrumentalisation du discours féministe à des fins racistes

Le collectif Osez le Féminisme a condamné jeudi « les intrusions répétées de militantes de Némésis dans des rassemblements, des manifestations et des événements féministes », affirmant que leurs « accointances avec des groupuscules identitaires » et leur « instrumentalisation du discours féministe à des fins racistes » correspondent à ce que l’organisation qualifie de « fémonationalisme ».

« La situation politique exigeait d’écouter nos demandes. Nous restons prudentes. Nous ne sommes pas à l’abri que d’autres groupes similaires à Némésis tentent de s’approcher de nos manifestations », a déclaré Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), qui participe à l’organisation de la manifestation parisienne de dimanche.

« Nous voulons pouvoir manifester sur nos propres mots d’ordre et valeurs », a-t-elle ajouté.

#### À découvrir
Retrouvez ici notre dossier consacré aux droits des femmes.

Mi-février à Lyon, le militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque, âgé de 23 ans, est décédé après avoir été violemment frappé. Selon les proches, il était présent pour assurer la sécurité de militantes de Némésis qui manifestaient contre l’arrivée de l’eurodéputée LFI Rima Hassan lors d’une conférence à Sciences Po Lyon.