Conflit au Moyen-Orient : Belges rapatriés paieront 600 euros, annonces du gouvernement.
Le Premier ministre Bart De Wever a exposé aux députés la position de la Belgique concernant la situation au Moyen-Orient après le Conseil national de sécurité. Le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a précisé que le coût de rapatriement des Belges coincés au Moyen-Orient est de 600 euros par personne.
Après le Conseil national de sécurité qui a eu lieu en fin de matinée, le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères ont présenté aux députés la position de la Belgique sur la situation au Moyen-Orient.
Bart De Wever (N-VA) a d’abord évoqué le contexte, notamment les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran et la réponse iranienne qui cible plusieurs pays de la région, « dans le but de créer un maximum de chaos », a-t-il déclaré.
Il a également rappelé que des installations de pays de l’Union européenne avaient été touchées, y compris des installations militaires françaises et italiennes. « Par ce chaos, l’Iran cherche à fermer le détroit d’Ormuz, ce qui a des conséquences directes sur le commerce maritime et sur notre approvisionnement énergétique », a estimé Bart De Wever.
« Une guerre menée de manière irréfléchie ? »
Le Premier ministre a exprimé ses inquiétudes quant à l’évolution des événements. « En ces temps géopolitiques particulièrement tempétueux, on ne tient plus compte des règles de droit internationales que nous, en tant qu’Européens, continuons à défendre à juste titre », a déclaré Bart De Wever. Il a qualifié l’Iran de « dictature théocratique », un pays pour lequel il n’a « aucune sympathie ».
Cependant, concernant l’action des États-Unis et d’Israël, le Premier a ajouté que « le problème iranien ne se résout pas simplement par une guerre menée de manière irréfléchie ». Il a exprimé l’espoir « que les États-Unis et Israël disposent d’une stratégie de sortie en vue d’améliorer la situation pour le peuple d’Iran et la stabilité géopolitique », tout en admettant : « mais je n’en suis pas sûr. »
Bart De Wever a assuré qu’il n’existait « aucun projet, côté européen, visant à se joindre à l’attaque contre l’Iran ».
« Des conséquences néfastes pour notre continent »
Bart De Wever a exprimé ses craintes concernant les conséquences de ce conflit, notamment l’augmentation des coûts de l’énergie, ainsi que « des flux migratoires incontrôlés en direction de l’Europe ».
Il a expliqué que le gouvernement « surveille chaque dimension de la situation heure par heure ».
Suite au Conseil de sécurité tenu ce jeudi, Bart De Wever a indiqué que la Belgique allait se concentrer sur trois domaines : la sécurité des citoyens belges dans la région, l’impact de ce conflit sur la sécurité nationale et internationale, et les intérêts économiques et maritimes dans le détroit d’Ormuz et la mer Rouge. « Nous suivons également de près l’évolution des prix de l’énergie », a-t-il précisé, renvoyant au ministre de l’Énergie pour plus d’explications.
Quant à la politique que compte mener le gouvernement, Bart De Wever estime qu’elle doit être « fondée sur des menaces concrètes et sur la préservation de nos intérêts ».
Le ministre des Affaires étrangères a quant à lui détaillé comment la Belgique allait gérer la situation des Belges présents dans la zone concernée par le conflit. « Nous nous focalisons dans un premier temps sur les pays où il y a le plus de Belges, les Émirats Arabes Unis et le Qatar », a expliqué Maxime Prévot, soulignant qu’il suivait la situation « heure par heure ».
Concernant l’opération de rapatriement orchestrée par la Belgique, « nous n’avons pas à rougir de notre réactivité », a déclaré le ministre.
Étant donné que l’espace aérien au-dessus des Émirats et du Qatar est fermé et que les ouvertures sont « sporadiques », Maxime Prévot a précisé que la Belgique privilégiait le transport des Belges, « nos compatriotes », par voie terrestre vers un pays voisin, puis « pour ceux qui sont en Oman, pris en charge par avion vers un pays sûr ». Hurghada, en Égypte, a été choisi comme point de départ pour les avions militaires belges.
Comme il l’avait expliqué mercredi, le ministre a précisé que l’objectif était, si possible, de ramener directement en Belgique les personnes concernées par le rapatriement. « Les Belges qui gagneront Oman par bus seront donc transportés par avion militaire jusqu’à Bruxelles en transitant par Hurghada uniquement pour une escale technique de ravitaillement. Ils pourraient même rester à bord de l’avion », a expliqué le ministre.
Les autorités avanceront les frais de rapatriement. « Les coûts de l’assistance consulaire constituent des avances remboursables », a indiqué le ministre Prévot, ajoutant que c’est un principe appliqué lors de la crise du Covid. Il a également commenté ceux qui « se plaignent de coûts à devoir assumer et de trajets à faire en bus », en affirmant : « je n’ose imaginer ce que les Ukrainiens doivent en penser ».
Le coût demandé d’environ 600 euros pour un voyage des Émirats jusqu’en Belgique « répond à notre cadre légal et constitue le même prix que celui demandé par exemple par les Pays-Bas à leurs ressortissants », a précisé le ministre, ajoutant que des taxis à Dubaï « demandaient plusieurs milliers d’euros pour se rendre dans la capitale d’Oman », alors que pour les bus prévus par la Belgique, « c’est quelques dizaines d’euros ». « Nous agissons au mieux en zone de guerre pour préserver les vies avec des considérations d’efficacité avant des considérations de confort », a conclu Maxime Prévot.

