Pégases 2026 : Le jeu vidéo français ne convainc pas malgré « Clair Obscur »
L’industrie du jeu vidéo en France sera célébrée jeudi 5 mars 2026 à l’occasion de la remise des Pégases. Le géant Ubisoft a annoncé une vaste réorganisation et 200 millions d’euros d’économies sur deux ans, accompagnés d’un plan de départs volontaires qui pourrait toucher jusqu’à 200 personnes à son siège de Saint-Mandé.
C’est l’arbre qui cache la forêt : la situation de l’industrie du jeu vidéo en France, célébrée le jeudi 5 mars 2026 lors de la remise des Pégases, est marquée par un contraste saisissant entre un triomphe international, quelques réussites notables et de grandes entreprises en difficulté.
Un carton mondial
Avec plus de 5 millions d’exemplaires vendus et un nombre record de trophées lors des Game Awards américains – incluant celui du meilleur jeu de l’année, une première pour un titre français –, Clair Obscur : Expedition 33 constitue certainement le plus grand succès du secteur en France. La première production du studio montpelliérain Sandfall Interactive devrait logiquement prétendre à la plus prestigieuse distinction de cette septième édition des Pégases.
Les César du gaming
Établie par le Syndicat national du jeu vidéo (SNJV) en 2020, cette cérémonie remet ses prix à l’issue d’un vote réalisé par les 2 500 professionnels et membres de l’Académie. Inspirée par le modèle des César pour le cinéma, la soirée commencera à 20h00 à La Cigale, à Paris, et sera diffusée en direct sur la chaîne YouTube de l’Académie des arts et techniques du jeu vidéo ainsi que sur la chaîne Twitch de l’animateur Samuel Etienne. Cette année, Clair Obscur est également en compétition dans les catégories de « l’excellence visuelle », de « l’excellence narrative » et du « meilleur univers sonore ».
Les promesses « Absolum » et « Rematch »
En tête des nominations, Absolum, un jeu d’action se déroulant dans un univers médiéval-fantastique, est en lice pour cinq prix, dont celui du « meilleur jeu indépendant ». Le titre du studio parisien Dotemu a dépassé les 500 000 ventes depuis son lancement. Autre succès surprise de l’année, Rematch, réinvention du jeu de football proposée par le studio Sloclap, a attiré plus de six millions de joueurs et est en compétition pour deux trophées cette année. Malgré ces réussites, l’industrie française a également montré des signes de fragilité récemment, dans un contexte mondial où la Chine capte l’essentiel de la croissance du secteur.
Des géants aux pieds d’argile
Confronté à des difficultés financières, le géant Ubisoft a annoncé une vaste réorganisation visant à réaliser 200 millions d’euros d’économies sur deux ans, accompagné d’un plan de départs volontaires pouvant concerner jusqu’à 200 personnes à son siège de Saint-Mandé (Ile-de-France), soit près de 5 % de ses salariés en France. Un autre acteur majeur en difficulté, le groupe Nacon, a récemment été placé en redressement judiciaire en raison de l’incapacité de sa maison mère, BigBen Interactive, à rembourser une échéance de dette. Éditeur de titres comme Hell is Us, Nacon, qui possède 16 studios et emploie près d’un millier de personnes, n’exclut pas de devoir vendre certains studios ou procéder à des licenciements.

