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Pétrole et minerais : le Venezuela ne reçoit pas un ministre de Trump

Deux mois après la capture du président Nicolas Maduro par l’armée américaine, la présidente par intérim Delcy Rodriguez a reçu mercredi le secrétaire américain à l’Intérieur Doug Burgum. Washington a imposé des sanctions sur le secteur pétrolier et aurifère du pays après la réélection de Nicolas Maduro en 2018 lors d’un scrutin boycotté par l’opposition.


Deux mois après la capture du président Nicolas Maduro par l’armée américaine, le rapprochement entre les États-Unis et le Venezuela se poursuit. La présidente par intérim Delcy Rodriguez a chaleureusement accueilli mercredi le secrétaire américain à l’Intérieur Doug Burgum, reconnu pour ses liens avec l’industrie pétrolière et gazière.

Sous la forte pression de Washington, Delcy Rodriguez – qui a déjà reçu plusieurs officiels américains – a initié une réforme de la loi sur les hydrocarbures pour ouvrir le secteur au privé, promulgué une amnistie visant à libérer tous les prisonniers politiques, et promis une réforme judiciaire. Mercredi, elle a également réitéré son engagement envers une réforme du code minier.

**Trump satisfait de la voie prise par Rodriguez**

Les réformes à Caracas sont bien accueillies à Washington. Donald Trump a félicité dans la journée, sur son réseau Truth Social, la présidente par intérim pour son « excellent travail ». Celle-ci l’a remercié pour « l’aimable disposition de son gouvernement à travailler conjointement à un programme qui renforce la coopération binationale au bénéfice des peuples des États-Unis et du Venezuela ».

Parallèlement, le gouvernement américain a donné mercredi son autorisation à la compagnie aérienne American Airlines pour établir des liaisons aériennes avec le Venezuela via l’une de ses filiales, Envoy Airlines, selon des documents du ministère des Transports. Les liaisons aériennes entre les États-Unis et le Venezuela étaient interrompues depuis 2019 en raison de la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays.

**De l’or, des diamants, de la bauxite et du coltan**

À Caracas, Doug Burgum, également président du Conseil national énergétique des États-Unis, a déclaré que « les possibilités de collaboration et de synergie entre les deux pays […] sont illimitées ». Il a ajouté : « Nous avons plus de deux douzaines d’entreprises américaines avec nous aujourd’hui, parmi les plus grandes, les plus solides et les meilleures sociétés minières au monde. Elles sont impatientes de se mettre au travail ». Burgum doit visiter des sites miniers ce jeudi avant de retourner aux États-Unis.

Washington a imposé des sanctions sur le secteur pétrolier et aurifère du pays après la réélection de Nicolas Maduro en 2018 lors d’un scrutin boycotté par l’opposition. Depuis la capture de ce dernier, Donald Trump a pris le contrôle du secteur pétrolier et a soulagé quelque peu les sanctions visant Caracas. La visite de Doug Burgum intervient deux semaines après celle du secrétaire américain à l’Énergie Chris Wright, qui avait visité des sites pétroliers juste après la réforme de la loi sur les hydrocarbures. Le Venezuela est en outre un pays riche en minerais tels que l’or, le diamant, la bauxite et le coltan.