Rapatriement difficile et à leurs frais pour les Belges au Moyen-Orient
Sophia Zine et sa maman Marie-Christine De Schrijver, bloquées à Dubaï, expriment leur déception face à la proposition de rapatriement des Affaires Étrangères, qualifiant le processus de « trop long, trop fatigant » et à leurs frais. Actuellement, 374 Belges se sont inscrits pour être rapatriés.

Une grande déception
Sophia Zine et sa mère Marie-Christine De Schrijver, coincées à Dubaï, ont exprimé leur déception après avoir reçu un courriel des Affaires Étrangères. « Nous espérions un rapatriement organisé de A à Z, depuis Dubaï jusqu’à Bruxelles. Mais à la place, on nous propose un rapatriement fragmenté, avec plusieurs étapes longues et fatigantes, et tout cela à nos frais« , a déclaré Sophia. Elle a ajouté : « Ce que l’on nous propose est trop long, trop épuisant, avec une durée de six heures en autocar jusqu’à Oman, puis un vol jusqu’à Hurghada. Ensuite, on nous laisse nous débrouiller. J’espérais plus des affaires étrangères et de la Belgique. »
Le voyageur doit prendre en charge les frais du billet d’avion
Les Affaires Étrangères prévoient un transport en autocar jusqu’à Mascate (Oman), où les personnes pourront ensuite prendre un vol vers Hurghada, en Égypte. « Nous savons que chacun souhaiterait être rapatrié directement à Bruxelles. Cependant, dans le contexte de conflit armé actuel, notre priorité est de sécuriser le maximum de personnes« . Depuis Hurghada, les voyageurs devront trouver par eux-mêmes un vol commercial vers la Belgique ou un pays voisin.
Dans son message, le SPF insiste : « Le voyageur doit assumer les frais du billet d’avion pour quitter l’Égypte. La Belgique n’intervient pas dans ce domaine. Selon la législation consulaire belge, les frais de transport en bus seront facturés de manière raisonnable aux voyageurs« .
Pas une agence de voyage
« La mise en place prend du temps car nous sommes dans une situation particulière. Les missiles continuent de passer au-dessus de nous« , a expliqué le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot. « Il faut pouvoir garantir des corridors sécurisés pour le transport par bus des personnes afin de les emmener dans des pays où l’espace aérien est assez sûr pour permettre aux avions militaires de les prendre en charge« .
Concernant les critiques à l’égard de la Belgique et des frais engagés, il a déclaré : « La Belgique n’est pas une agence de voyage. Il est très, très difficile d’être plus rapide et efficace dans ce contexte. En fait, nous n’avons pas beaucoup d’avions disponibles. Nos avions militaires sont en nombre limité. L’urgence pour la Belgique est de pouvoir sécuriser au plus vite la vie de nos compatriotes en les exfiltrant des zones dangereuses pour les amener vers des pays sûrs« .
« Je comprends que les frais peuvent être désagréables« , a admis Maxime Prévot. « On ne demande pas de payer tout de suite. Les frais de transport sont couverts par la Belgique. Cependant, en vertu de la législation, une reconnaissance de dette à un tarif réduit doit être mise en place« .
Une logistique complexe
Une demi-douzaine de Belges bloqués au sultanat d’Oman ont pu rentrer au pays ce mardi soir grâce à l’aide des Pays-Bas. Une trentaine d’autres devraient revenir ce mercredi soir avec l’appui du Luxembourg, d’après le SPF. Le ministre Maxime Prévot organise des rapatriements par le biais de vols militaires avec le ministre de la Défense, Theo Francken, mais « cela prendra plusieurs jours à cause des défis logistiques« . Le premier vol militaire est prévu pour ce mercredi.
Pour les citoyens coincés aux Émirats arabes unis et au Qatar, la situation est plus complexe. Si les conditions de sécurité le permettent, des bus transportant des Belges devraient quitter Doha, au Qatar, ce jeudi soir en direction de Riyad, en Arabie saoudite. De là, ils pourront prendre un vol commercial pour la Belgique, à leurs frais.
Actuellement, 374 Belges se sont inscrits pour un rapatriement.
Rapatriements européens
Trois pays européens ont commencé à évacuer leurs ressortissants. L’Espagne a déjà rapatrié plus de 175 citoyens avec un premier vol au départ d’Abou Dhabi via Istanbul. D’autres vols sont prévus. L’Allemagne a dépêché des avions civils vers Riyad en Arabie saoudite et Mascate à Oman pour rapatrier presque la totalité de ses 30 000 citoyens vivant dans la région. La Slovénie a affrété quatre bus escortés depuis Dubaï vers Mascate pour assurer le transport de ses ressortissants et de leurs familles.
Quant à la France, un premier rapatriement limité à 160 de ses ressortissants a été organisé en provenance d’Israël. Près de 400 000 Français se trouvent actuellement au Moyen-Orient, un chiffre qui illustre le défi logistique à relever.

