France

Travailler le 1er mai ? Les syndicats appellent les députés à résister.

L’ensemble des huit confédérations syndicales françaises appellent les députés à rejeter une proposition de loi visant à permettre à certains magasins et lieux culturels de faire travailler leurs salariés le jour de la fête internationale des travailleurs. La journée internationale des travailleurs est considérée comme un jour férié en France, malgré la fronde de patrons de certains secteurs.

Pas de travail le 1er mai. Ce mardi, les huit confédérations syndicales françaises ont appelé, dans une lettre, les députés à rejeter une proposition de loi qui permettrait à certains magasins et lieux culturels de faire travailler leurs employés le jour de la fête internationale des travailleurs.

La possibilité pour les commerces alimentaires, les fleuristes et les établissements culturels (cinémas, théâtres…) de faire travailler leurs salariés un 1er mai a été votée fin juillet par le Sénat, où une majorité de droite siège, avec le soutien du gouvernement.

Les députés Renaissance s’opposent à l’ensemble des syndicats

Déjà présentée à l’Assemblée nationale le 22 janvier, la proposition n’avait pu être adoptée faute de temps. Toutefois, le groupe des députés Renaissance va la reprendre dans sa niche parlementaire du 10 avril, a annoncé fin janvier l’entourage de son président, Gabriel Attal.

La journée internationale des travailleurs est considérée comme un jour férié en France, malgré la fronde de patrons de certains secteurs.
La journée internationale des travailleurs est considérée comme un jour férié en France, malgré la fronde de patrons de certains secteurs. - STEPHANE DUPRAT/SIPA

Il s’agit d’obtenir « une adoption et une application avant le 1er mai 2026 », a-t-on précisé.

« L’ensemble des organisations syndicales ont dénoncé ce texte dont l’objet était rien de moins que la remise en cause du 1er mai, seul jour férié obligatoirement chômé et rémunéré, et symbolique pour les travailleurs en France comme à l’international », soulignent dans leur lettre la CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l’Unsa, Solidaires et la FSU.

« Une première brèche », « jusqu’à devenir la règle »

Pour les syndicats, « l’ouverture de la dérogation au principe du repos rémunéré le 1er mai constitue une première brèche, remettant en cause l’exceptionnalité de cette journée ».

« L’histoire sociale montre qu’à chaque fois qu’un principe est remis en question, les dérogations s’étendent progressivement jusqu’à devenir la règle », poursuivent les syndicats, qui affirment que « le travail du dimanche en est une illustration éclairante : une fois le travail généralisé ce jour-là, les majorations n’ont plus lieu d’être ».

Les boulangers à l’origine d’une fronde

« Quant au “volontariat”, ajouté pour rassurer, il n’existe pas réellement en raison du lien de subordination inhérent au contrat de travail, d’autant plus dans les petites entreprises », ajoutent-ils.

L’origine de la proposition de loi remonte à la fin du mois d’avril 2025 lorsque certains boulangers avaient dénoncé les contrôles inédits menés ces dernières années par l’Inspection du travail auprès de plusieurs artisans.

Bien qu’ils soient autorisés à travailler, ils ont été critiqués pour avoir fait travailler leurs salariés durant cette journée fériée et chômée en France.