Navire fantôme arraisonné par la Belgique : 45 infractions, capitaine russe confiné.
Le pétrolier Ethera a été arraisonné dans la nuit de samedi à dimanche et est immobilisé au port de Zeebruges, faisant l’objet d’une enquête des autorités belges, tandis que 45 infractions de nature administrative ont été constatées à l’issue des inspections. L’équipage, composé d’un capitaine russe, de sept officiers et de treize membres d’équipage indiens, est soumis à une « interdiction d’aller à terre » et doit rester à bord du navire.
Arraisonné dans la nuit de samedi à dimanche et immobilisé au port de Zeebruges, le pétrolier Ethera fait l’objet d’une enquête approfondie des autorités belges. Il figure sur la liste des navires sanctionnés par l’Union européenne, considéré comme faisant partie de la « flotte fantôme » utilisée par la Russie pour contourner les sanctions internationales sur le pétrole et financer la guerre en Ukraine.
Selon un communiqué des ministres de la Justice et de la Mobilité, 45 infractions de nature administrative ont été constatées à l’issue des inspections à bord.
Le service d’inspection de la Direction générale de la navigation (SPF Mobilité) a notamment révélé l’utilisation de faux certificats, prouvant que le navire naviguait sous un faux pavillon guinéen. Cette pratique a probablement été employée pour dissimuler les liens du bâtiment avec la Russie.
En analysant le navire, les inspecteurs ont également remarqué plusieurs défauts techniques, sans préciser leur nature.
La police de la Navigation (Police fédérale) a pour sa part contrôlé les 21 personnes présentes à bord. L’équipage se compose d’un capitaine russe, de sept officiers (trois d’origine indienne, trois d’origine géorgienne et un d’origine indonésienne) ainsi que de treize autres membres d’équipage, tous d’origine indienne.
D’après les informations obtenues par la RTBF, du matériel informatique et des téléphones portables ont été saisis. Leur analyse pourrait permettre de mieux comprendre les activités à bord et les connexions extérieures.
Une « interdiction de débarquement » a été prononcée à l’encontre de l’équipage. Les marins doivent rester à bord du navire et ne sont pas autorisés à entrer sur le territoire belge. Les autorités précisent que l’armateur et/ou le propriétaire du navire est responsable du bien-être et de l’approvisionnement de l’équipage durant toute la période d’immobilisation.
L’Ethera ne pourra reprendre la mer qu’à deux conditions strictes : le paiement d’une caution fixée à 10 millions d’euros et la mise en conformité complète du navire. Celui-ci devra, entre autres, être rattaché à un État de pavillon reconnu, disposer des certificats valides requis et corriger l’ensemble des défauts techniques relevés lors des inspections.
« En d’autres termes, la durée de la détention du navire est entre les mains de l’armateur ou du propriétaire », soulignent les ministres dans leur communiqué.
Qui est cet armateur ou propriétaire responsable ? Il n’est pas nommé dans les communications officielles. Cependant, comme l’a rapporté la RTBF peu après l’arraisonnement, le navire fait partie de l’empire maritime du fils d’un dignitaire iranien tué lors de frappes israélo-américaines.
L’armée belge, soutenue par des forces françaises, a pris le contrôle du pétrolier Ethera dimanche, peu avant 1h30. Le parquet fédéral a ouvert une enquête afin de déterminer s’il y a eu violation du Code belge de la navigation.

