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Guerre en Iran : Donald Trump attaque-t-il toujours le week-end ?

Le président américain Donald Trump a annoncé le début de la « guerre des douanes » le samedi 1er février 2025 en augmentant les tarifs frontaliers pour le Mexique, le Canada et la Chine. Une attaque contre l’Iran a eu lieu dans la nuit du jeudi au vendredi 3 janvier, et a été annoncée par Trump en fin de semaine.


Si vous êtes un adversaire de Donald Trump, vous pouvez probablement vous reposer tranquille le lundi, mardi, mercredi et jeudi, mais attention au week-end. Le président américain a une fâcheuse tendance à agir pendant ces jours-là. Un exemple notable a eu lieu ce samedi, avec une « attaque préventive » contre l’Iran et la mort d’Ali Khamenei. La dernière offensive de Trump contre la République islamique s’était également produite durant le week-end, le dimanche 22 juin 2025. Un autre événement récent est le raid au Venezuela et la capture de Nicolas Maduro, qui a eu lieu dans la nuit du vendredi au samedi 3 janvier.

Cette habitude s’était déjà manifestée durant le premier mandat du milliardaire. Les frappes en Syrie, effectuées le vendredi 7 avril 2017 et le vendredi 13 avril 2018, n’avaient été annoncées que le soir même par Donald Trump. Il en avait été de même pour la mort du général iranien Qassem Soleimani, survenue dans la nuit du jeudi au vendredi 3 janvier, annoncée par le président à la fin de la semaine.

### Évitez les mouvements de panique et les effets dominos

Une telle récurrence a conduit certains sur les réseaux sociaux à surnommer Trump le « Week-end Warrior ». Sur X, Reddit et d’autres forums, une théorie a émergé : Donald Trump choisirait d’agir le week-end en raison de la fermeture de la Bourse américaine, qui cesse de fonctionner le vendredi après-midi (à 16 heures) et reste fermée tout le week-end. « En agissant quand la Bourse est fermée, Donald Trump évite les paniques immédiates sur le marché », explique Antoine Andreani, analyste senior des marchés financiers chez XTB.

Une attaque contre l’Iran en plein milieu de semaine pourrait en effet entraîner des mouvements de vente dus à la panique et à des réactions spontanées irréfléchies, provoquant ainsi un effet domino. « Lorsque vous constatez que tout le monde vend, vous êtes également enclin à vendre », souligne l’expert. « Cela entraîne des réactions de moins en moins raisonnées et logiques. C’est ce que veut éviter Donald Trump », un président « très lié à la Bourse ».

### Moins de réactions le week-end

Ce schéma du week-end ne s’applique pas seulement aux interventions militaires, mais aussi à d’importantes annonces de Donald Trump. Ainsi, le samedi 1er février 2025, le président annonçait le début de la « guerre des douanes », en augmentant les tarifs frontaliers pour le Mexique, le Canada et la Chine. Concernant les douanes, il avait réagi à la décision de la Cour suprême sur ses tarifs douaniers le vendredi soir 20 février 2026, puis réimposait 15 % pour l’Union européenne le samedi 21.

Cependant, il est important de ne pas confondre coïncidence et causalité. Stéphane Audrand, consultant indépendant en risques internationaux, le souligne :
> « Il y a d’autres intérêts que la Bourse à intervenir le week-end. Parfois, il y a moins de troupes adverses de garde, mais c’est également le reste du monde qui fonctionne au ralenti. La Chine, l’Europe, la Russie réagissent moins vite un samedi ou un dimanche qu’en semaine. »

Cela laisse donc le temps aux États-Unis et à Israël d’effectuer des « percées décisives » avant que le monde ne reprende ses activités normales.

Véronique Riches-Flores, spécialiste en prospective économique et financière internationale, partage un avis similaire : « Donald Trump frappe le week-end car cela surprend les observateurs et les analystes, ce qui lui permet d’imposer son narratif plus aisément. »

### Le précédent Bush et le lundi

Concernant la Bourse, celle-ci « ne serait pas la seule raison, mais une des justifications. Le marché réagit moins vivement après deux nuits de sommeil », note la spécialiste. L’effet pourrait être différent : « Plutôt qu’éviter un crash, cela permettrait d’anticiper certains mouvements. » Notamment en surveillant les bourses asiatiques ou européennes qui ouvrent plus tôt. En 2003, George W. Bush avait lancé un ultimatum à Saddam Hussein pour qu’il quitte le pouvoir un lundi 17 mars, avant d’attaquer l’Irak le mercredi 19. Pendant deux jours, la Bourse, qui déteste l’incertitude, avait chuté. Cela montre que les marchés préfèrent réagir après les événements plutôt que d’avoir à les prévoir, ce qui est typiquement l’agenda de Donald Trump.

Cette stratégie a porté ses fruits le lundi 2 mars, puisque la Bourse de New York n’ouvrait « qu’ »avec une baisse de 0,30 point, loin des chutes qu’elle a pu connaître par le passé. Toutefois, même du point de vue des marchés financiers, la théorie n’est pas infaillible. Antoine Andreani le rappelle : la Bourse américaine devrait subir tôt ou tard une correction après l’envolée des derniers mois autour de l’intelligence artificielle. « Les marchés attendent un prétexte pour une correction financière et une baisse des prix. Trump leur en a peut-être fourni un, et il pourrait être accusé d’avoir provoqué la chute de la Bourse. » Comme quoi, une bonne vieille attaque le lundi matin après le café, cela peut parfois bien fonctionner aussi…