« À Bruxelles, 1 personne sur 6 ne chauffe quasi pas cet hiver »
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Dans une étude sur la privation énergétique, Joël Girès souligne que l’indice de performance énergétique (PEB) présente une particularité : il ne prend pas en compte la taille des logements. Ainsi, « si on habite un grand logement au PEB C, on va consommer plus qu’un appartement au PEB F, par exemple. »
Selon lui, « l’élément le plus déterminant, c’est la superficie, or on mentionne peu cet aspect. »
La taille des logements pourrait être une explication des dépenses énergétiques plus faibles en Région bruxelloise, où les habitations sont plus petites, souvent des appartements. La dépense moyenne y est de 148 euros par mois, contre 200 euros dans les grandes villes wallonnes et 225 euros dans des espaces plus ruraux en Wallonie. Ces chiffres englobent les dépenses de chauffage et d’électricité, le chauffage représentant la majorité des factures.
Energie Info Wallonie et Infor Gazelec à Bruxelles offrent de l’aide et des solutions, notamment depuis la crise énergétique. Marie Charles, directrice du Réseau wallon pour l’accès durable à l’énergie (Rwadé), explique que « la crise a été un pic, mais on continue à avoir beaucoup d’appels de personnes pour qui les charges sont trop importantes. »
De nombreux cas de coupures sont rapportés, tant chez ceux incapables de recharger leur compteur à budget que chez ceux dont le fournisseur ne renouvelle pas le contrat. Certains usagers, faute de moyens, choisissent de ne pas utiliser leur chauffage central, se rabattant sur des poêles à charbon ou à mazout, ou ne chauffant que les pièces communes.
Les solutions à ces situations sont variées. Certains bénéficient du tarif social pour le gaz et l’électricité, mais leur méconnaissance de ce droit est fréquente. Ce tarif avantageux est accordé au niveau fédéral à ceux bénéficiant du revenu d’intégration sociale, d’une garantie de revenus aux personnes âgées, ou d’une allocation d’aide aux personnes handicapées, avec d’autres conditions à l’échelle régionale. Il est uniforme en Belgique, peu importe le fournisseur d’énergie.
Dans leurs travaux, François Ghesquière et Joël Girès montrent que ce tarif social est efficace pour réduire les factures, même s’il ne protège pas totalement contre la privation énergétique. « C’est comme avec les allocations familiales, vous n’allez pas nécessairement utiliser cet argent pour votre enfant, » compare Joël Girès, en ajoutant que, dans l’ensemble, cela aide les ménages à mieux vivre.
Ce dispositif a été élargi temporairement pendant la crise énergétique, mais a été contesté par la Febeg, la Fédération Belge des Entreprises Électriques et Gazières, qui a gagné en justice. Une procédure similaire est en cours à Bruxelles concernant le statut de client protégé, qui donne accès au tarif social et protège des coupures. Sur le terrain, les acteurs de ces deux régions plaident pour le tarif social et son élargissement, qui a touché les bénéficiaires de l’intervention majorée pendant la crise.
Energie Info Wallonie propose également d’autres options. Ils orientent les appelants vers les CPAS, qui peuvent fournir des aides financières et parfois un tuteur énergie. Ils peuvent analyser les factures des consommateurs et éventuellement les adresser au médiateur de l’énergie, ou les aider à réévaluer leurs contrats d’énergie grâce à un simulateur de la CWAPE.
Concernant les primes à la rénovation, leurs efficacités environnementale et sociale sont remises en question. Elles ciblent principalement les propriétaires, alors que la privation touche majoritairement les locataires. Marie Charles souligne que forcer les propriétaires à rénover pourrait les inciter à augmenter les loyers. En Wallonie, où il y a davantage de propriétaires pauvres qu’à Bruxelles, beaucoup n’ont pas les fonds nécessaires pour effectuer des travaux.
Renaud Vivien du Centre d’Appui Social Energie s’inquiète également. « Le prix du gaz est de nouveau en augmentation, depuis le 1er janvier 2026, » déplore-t-il, notant qu’il augmente entre 30 et 50 euros le MW en mars en raison de tensions géopolitiques. « Les nouvelles mesures prises par le gouvernement fédéral vont avoir un impact très concret sur les populations, » prévient-il, alors que les accises sur le gaz augmentent, préparant ainsi une TVA de 21% souhaitée par l’Europe pour 2030, contre 6% actuellement. Les associations anticipent une nécessité croissante d’assistance pour les ménages.

