France

Procès Samuel Paty : Quatre accusés reçoivent six à quinze ans de prison

Brahim Chnina, 54 ans, et Abdelhakim Sefrioui, 66 ans, ont été condamnés lundi à dix et quinze ans de prison respectivement par la cour d’assises spéciale de Paris. Naïm Boudaoud, 24 ans, et Azim Epsirkhanov, 25 ans, ont tous les deux été condamnés lundi à six et sept ans d’emprisonnement.


Au terme de cinq semaines de débats, Brahim Chnina, 54 ans, et Abdelhakim Sefrioui, 66 ans, ont été respectivement condamnés lundi à dix et quinze ans de prison par la cour d’assises spéciale de Paris. Les deux protagonistes de la campagne de haine lancée avant la décapitation de l’enseignant Samuel Paty avaient été jugés en première instance et avaient écopé de treize et quinze ans de prison. Vendredi, le parquet général avait requis une peine de vingt ans de réclusion criminelle. Suite à l’annonce du verdict, les avocats d’Abdelhakim Sefrioui ont déclaré qu’il avait l’intention de se pourvoir en cassation.

Le parquet général avait également demandé seize ans de réclusion criminelle pour complicité d’assassinat contre deux amis de l’assassin. Naïm Boudaoud, 24 ans, et Azim Epsirkhanov, 25 ans, étaient accusés d’avoir aidé l’assassin Abdoullakh Anzorov à se procurer un couteau et un pistolet Airsoft, ainsi que de l’avoir transporté. Ils ont été condamnés lundi à six et sept ans d’emprisonnement.

Une audience tendue

Samedi, la défense d’Abdelhakim Sefrioui avait demandé à la cour d’assises spéciale de Paris d’acquitter le militant islamiste, plaidant pour la « cohérence » et le respect du droit. Elle soutenait que ce dernier n’avait pas conscience que sa campagne en ligne mettait la vie de Samuel Paty en danger. Contrairement à leurs coaccusés, Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui ne connaissaient pas l’assassin. « On ne reproche pas à Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui des actes préparatoires à l’attentat commis par Anzorov. Ce qu’on leur reproche, c’est des actes préparatoires à tous les Anzorov potentiels », avait affirmé l’une des deux avocates générales.

L’audience, souvent marquée par des tensions, a connu des événements exceptionnels : deux magistrates ont été écartées de la cour après que leur impartialité a été mise en cause par la défense, et un témoignage évolutif du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a engendré controverse et contentieux, retardant un procès dont le verdict était initialement prévu vendredi.

L’assassin du professeur d’histoire-géographie, un islamiste radical tchétchène de 18 ans, a été tué par la police après son acte. Il avait décapité Samuel Paty le 16 octobre 2020 pour avoir présenté des caricatures du Prophète Mahomet lors de son cours sur la liberté d’expression au collège du Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).