La fac en débrayage : un mouvement sans précédent
Le Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNE-Sup) a décidé d’observer un débrayage de deux jours les 3 et 4 mars 2026 en protestation contre le projet de loi n° 59.24 sur l’enseignement supérieur. Cette grève implique un boycott de toutes les activités pédagogiques dans les établissements d’enseignement supérieur et de recherche scientifique, affiliés ou non à l’université, et comprend des rassemblements locaux et régionaux pendant cette période.
Le Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNE-Sup) a décidé de procéder à un débrayage de deux jours en protestation contre le projet de loi n° 59.24 relatif à l’enseignement supérieur. Les enseignants-chercheurs souhaitent ainsi faire entendre leur mécontentement face à une proposition de loi jugée controversée, que le gouvernement cherche à faire adopter de manière autoritaire.
En effet, le SNE-Sup a confirmé la tenue d’une grève nationale générale les 3 et 4 mars 2023, touchant tous les professeurs-chercheurs de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, qu’ils soient affiliés ou non à l’université, selon la décision de sa commission administrative réunie le dimanche 15 février 2026.
À cet effet, le bureau national du SNE-Sup a appelé les membres des bureaux locaux et régionaux, ainsi que ceux des commissions administratives paritaires, à assurer un climat de mobilisation et de responsabilité durant la grève, tout en organisant des rassemblements locaux et régionaux sur les deux jours.
Le syndicat a précisé que la grève inclura un boycott de toutes les activités pédagogiques, y compris les examens, délibérations, séminaires, réunions scientifiques et rassemblements, dans toutes les structures d’enseignement supérieur et institutions de recherche, qu’elles soient affiliées à l’université ou non, durant cette période.
Cette grève a été déclenchée en raison de l’entêtement du gouvernement à faire adopter le projet de loi n° 59.24 sans concertation et sans prendre en compte les amendements suggérés par les conseillers de la deuxième Chambre, ainsi que les revendications syndicales. Le SNE-Sup s’inquiète également de l’éventualité de l’adoption de dispositions réglementaires ultérieures qui pourraient affecter les acquis des enseignants, notamment en ce qui concerne la gratuité de l’enseignement, les promotions et l’ancienneté. De plus, il critique les décisions relatives aux établissements de formation et les retards dans le traitement des dossiers administratifs en suspens. Selon le syndicat, ces facteurs justifient l’intensification des protestations et l’usage de la grève comme moyen de pression pour faire entendre les revendications des enseignants.
Le SNE-Sup considère que ce projet de loi n’offre pas de garanties suffisantes pour améliorer l’enseignement universitaire et assurer la stabilité des établissements, et avertit des conséquences d’une mise en œuvre sans concertation avec les parties prenantes.
Le syndicat déclare que cette grève marque le début d’un mouvement de protestation qui se prolongera tout au long du mois de mars. Ce mouvement inclura des sit-in et des rassemblements visant à obtenir de meilleures conditions de travail, à garantir la dignité des enseignants et des chercheurs, et à préserver l’indépendance des décisions académiques.
Cette situation devrait perturber considérablement le déroulement des cours, des examens et les services administratifs dans les facultés et établissements d’enseignement supérieur. Il convient de rappeler que la commission administrative du SNE-Sup tiendra une réunion le 12 avril prochain pour évaluer les retombées de ce mouvement de protestation.
Il est également important de noter que les enseignants universitaires ont déjà mené un débrayage les 3, 4 et 5 février dernier dans tous les établissements d’enseignement supérieur en contestation de la volonté obstinée du gouvernement de faire adopter le texte de loi au cœur de la controverse.
**Mourad Tabet**

