Maroc

Un chant de cygne génocidaire

Le Hezbollah, en tant que bras armé, continue de peser au niveau socio-politique par son influence dans les issues des élections ainsi que dans la gestion et le financement des écoles et des hôpitaux. La force de frappe du Hezbollah a été pratiquement réduite à néant, ce qui explique ces petites frappes artisanales visant l’ennemi au sud Liban et à Beyrouth.


On pourrait être tenté, face à la situation actuelle, de rappeler la célèbre citation de Cicéron selon laquelle une « paix injuste vaut mieux qu’une guerre juste ». Toutefois, il est difficile d’expliquer cette idée au Hezbollah, qui s’est invité de manière désastreuse à un conflit qui trouble toute une région, et au-delà. D’un côté, l’Iran et de l’autre, les États-Unis et Israël s’engagent dans une guerre acharnée, alternant offensives et contre-offensives. Les drones et les missiles font des ravages, touchant également d’autres pays qui n’ont rien demandé.

Les pertes continuent d’affluer, par dizaines, et hélas, elles pourraient bientôt atteindre des centaines, voire des milliers, sans oublier les dégâts colossaux causés par des frappes qui ne laissent ni écoles ni hôpitaux indemnes. On aurait pu espérer, bien que ce terme soit malvenu en ces temps troublés, que le Liban soit épargné.

Le Liban, qui a souffert pendant des années des atrocités de la guerre, voit cependant son sort compromis à cause du Hezbollah. Ce groupe, comme un État dans l’État, reste entièrement fidèle à l’Iran. C’est de Téhéran qu’il tire ses orientations et ses consignes. Dans le contexte actuel de conflit, son principal objectif semble être de « venger » le Guide suprême. S’il avait les moyens, peut-être que les conséquences de ses actions ne pèseraient que sur lui. Il est de notoriété publique que sa capacité de frappe a été réduite à presque rien, expliquant ainsi ses attaques peu sophistiquées contre un ennemi qui espérait une telle opportunité pour nettoyer le sud Liban, y compris la capitale, Beyrouth. Face à cette folie, le Liban et les Libanais subissent à nouveau des bombardements et des attaques de chars. Le Guide suprême peut se sentir vengé de manière funeste. Où ces redoutables guerriers peuvent-ils se cacher avec leurs mortiers artisanaux ? Quelqu’un a dit : « Il n’y a pas de guerre plus coûteuse que celle que l’on fait pour éviter la paix ».

Le Hezbollah semble indifférent à cette réalité, tout comme le Liban, qui est prisonnier d’un parti imposé par des considérations d’équilibre confessionnel.

Quant à son rôle en tant que bras armé, sa survie ne devrait pas faire de doute face aux récentes évolutions, mais il continue d’exercer une influence sur le plan socio-politique, notamment lors des élections et à travers les écoles et les hôpitaux dont il assure la gestion et le financement. Pour combien de temps encore ? La situation pourrait changer, probablement avec un impact sur l’Iran, son mentor et principal bailleur de fonds.

Son agitation peut être perçue comme un chant de cygne, mais ce chant n’est pas seulement suicidaire, il est aussi génocidaire, entraînant dans sa chute tout un pays et son peuple.

Par Mohamed Benarbia