OM – OL : L’« Olympico » est-il la meilleure pub pour la Ligue 1 ?
La Ligue 1 souffre d’un déficit d’image et peine à s’exporter, avec des droits TV en chute libre. L’OM a battu l’OL 3-2 le 8 octobre 2023 au stade Vélodrome, grâce à un doublé d’Aubameyang dans les dix dernières minutes du temps réglementaire.

Au stade Vélodrome,
Le suspense entourant le titre de champion de France dure au mieux six à huit mois lors des bonnes années, en raison du manque d’adversaires à la hauteur du PSG. Ce championnat est souvent qualifié de « farmers league » et a acquis la réputation d’être un passage temporaire, un tremplin, une pépinière pour la Premier League, ou encore un refuge pour des stars du football en fin de carrière. La Ligue 1 souffre d’un déficit d’image et a du mal à se faire valoriser dans un sport où l’argent est essentiel, comme en témoignent ses droits TV en chute libre.
C’est en résumé un constat de manque d’attractivité. Dans ce contexte, que peut bien proposer notre Ligue 1 ? Des « Classico » qui ne le sont pas vraiment, à l’image de la défaite 5-0 du PSG contre l’OM le 8 février dernier, ce qui porte à 27 le nombre de victoires du PSG sur les 35 derniers matchs, avec 3 nuls et 3 défaites ? Des « derbies » comme OL-ASSE, LOSC-Lens ou Lorient-Guingamp, dont la moitié des équipes sont souvent en Ligue 2 ? Des clubs, censés être moteurs, qui font preuve d’inconstance, avec, après le PSG, Monaco et l’OM qui ont terminé sept fois chacun sur le podium lors des quinze dernières saisons, suivis par Lyon (6 podiums) ? Voilà le constat, si l’on veut être réaliste.
Les « meilleurs ennemis » du XXIe siècle
Cependant, ce n’est pas dans l’optique pessimiste que nous devons nous situer. En effet, sur cette mer, qui semble sans saveur, il existe une rivalité qui génère encore quelques belles émotions. C’est précisément ce qui s’est produit au Vélodrome ce dimanche, où l’OM a renversé l’OL avec un score de 3-2, grâce à un doublé d’Aubameyang lors des dix dernières minutes d’un match palpitant, capable de faire lever un Anglais de son canapé.
Les deux équipes luttent cette saison pour la 3e place, et il est indéniable qu’elles sont les meilleures adversaires en Ligue 1 au cours des vingt dernières années, représentant ainsi la plus belle vitrine de notre championnat. Parmi les quatre derniers matchs entre Lyon et Marseille, trois se sont soldés par un score de 3-2 en faveur des Marseillais, chaque fois avec des retournements de situation qui font l’essence du sport : on se souvient du but de Row et de la victoire à Lyon en infériorité numérique, marquante pour Marseille la saison dernière, ainsi que celui de Henrique au match retour pour un bis repetita.
Surtout, ces rencontres entre les Olympiques, cet « Olympico », sont équilibrées, chargées d’enjeux et âprement disputées. En remontant à 2008, le bilan affiche 17 victoires pour Lyon, 13 nuls et 12 victoires pour Marseille. Comment ignorer le match sans doute le plus légendaire de Ligue 1, un match nul 5-5 mémorable à Gerland, en novembre 2009, ou encore le théorème des Olympiques qui postule que ces deux clubs connaissent invariablement des dynamiques opposées ?

