Maxime Prévot appelle à la patience pour les 26.000 Belges fuyant le Moyen-Orient.
Le président Donald Trump prévoit une opération militaire d’environ un mois dans le cadre du conflit Etats-Unis – Israël – Iran. Actuellement, il y a environ 26.000 Belges vivant dans la région du conflit, et le ministre des Affaires étrangères conseille « de prendre leur mal en patience » en raison de l’absence de capacité d’organiser d’évacuation aérienne.
Le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran ne fait que commencer, a déclaré le président Donald Trump, qui prévoit une opération militaire d’environ un mois.
Ce conflit s’étend avec les réactions de l’Iran dans diverses régions du Moyen-Orient. Israël intensifie ses frappes en Iran contre le régime iranien et, depuis ce lundi, au Liban.
### Les Belges dans la région doivent patienter
Actuellement, environ 26 000 Belges, y compris des binationaux, se trouvent dans la région du conflit. En outre, 2 450 touristes sont présents, dont près de la moitié à Dubaï. Le ministre des Affaires étrangères conseille à ces personnes de « prendre leur mal en patience », car « aujourd’hui, il n’y a pas de capacité d’organiser d’évacuation aérienne, puisque l’espace aérien est fermé dans la plupart de ces pays, en raison, précisément, des missiles qui continuent de circuler et des drones également ».
« Un peu de patience, je mesure la contrariété, mais nous faisons face collectivement à une situation inédite », a-t-il ajouté.
Maxime Prévot a précisé qu’avec les partenaires européens, « nous sommes actuellement en train d’étudier toutes les options et nous n’évacuons pas non plus celle de devoir intervenir avec le soutien de la défense belge pour pouvoir organiser l’une ou l’autre évacuation, mais pour le moment, ce n’est pas matériellement possible et ce n’est pas encore à l’ordre du jour ».
Le ministre des Affaires étrangères a insisté : « La première des urgences, c’est d’abord de se mettre en sécurité, de respecter les consignes qui sont diffusées par les pays où vous vous trouvez, pour garantir qu’il n’y ait pas de prise de risque inutile ».
### La position de la Belgique
Pour l’Invité de la Matinale, la position de la Belgique concernant ce conflit est assez claire. « La Belgique est de longue date et entend bien rester un défenseur inaliénable du droit international. Et à cet égard, force est de reconnaître que la manière dont l’action a été menée ne répond pas à ses standards ».
Concernant l’éventuelle condamnation de l’intervention d’Israël et des États-Unis en Iran, la réponse de Maxime Prévot est plus nuancée : « Il faut rappeler quelle est la vocation du droit international. C’est d’abord et avant tout de pouvoir protéger les peuples, leurs droits et libertés. Et à cet égard, on ne peut pas dire que l’Iran soit un élève modèle, loin s’en faut. Souvenons-nous de la dure répression qui a fait des dizaines de milliers de morts, il y a quelques semaines encore, le régime de terreur de l’Iran. Et donc il y a évidemment la réalité des principes. Mais nous devons aussi la confronter à un principe de réalité ».
Selon Maxime Prévot, « la diplomatie n’a pas pu atteindre les résultats escomptés. La poursuite du programme balistique et nucléaire de l’Iran n’a pas connu d’épilogue, loin s’en faut. On ne pouvait pas courir un risque de sécurité et d’embrasement généralisé dans la région avec le soutien de l’Iran à des groupes terroristes comme le Hamas et le Hezbollah qui continuent d’agir dans la région ».
Il n’empêche que le ministre des Affaires étrangères craint un embrasement de la région, qui connaît de longue date « des problèmes de stabilité, de sécurité, en raison notamment de l’attitude hostile de l’Iran. Et donc on peut craindre que le chapitre qui s’ouvre accélère cette instabilité ou au contraire espérer que cela va ouvrir un nouveau chapitre pour plus de démocratie et de liberté en faveur du peuple iranien ».
Le ministre belge appelle à la « désescalade pour faire en sorte que, le plus vite possible, on remette les armes de côté. Notre volonté, c’est d’appeler réellement à la retenue, au retour au respect de la diplomatie et du droit international dans les meilleurs délais possibles ».
### L’ONU, la grande absente
Le ministre fédéral des Affaires étrangères se dit préoccupé par l’absence totale d’actions de l’ONU dans ce conflit. « On voit que l’ONU ne parvient plus depuis quelque temps à être ce lieu où l’on évite préventivement les conflits, où on les résout ».
« Il ne faudrait certainement pas que l’ONU se résume demain à être une grande agence internationale sur les questions de droits humains et de questions climatiques », a-t-il ajouté.
Maxime Prévot souligne également qu’« il ne faudrait certainement pas que l’ONU se résume demain à être une grande agence internationale sur les questions de droits humains et de questions climatiques. Elle doit l’être évidemment, mais pas uniquement ça. Sans quoi, les tentations sont fortes d’avoir des initiatives nouvelles qui voient le jour, comme le fameux Board of Peace lancé par le président Trump. La Belgique soutient plus que jamais le multilatéralisme, le droit international et l’action que ces outils peuvent jouer dans la préservation des conflits ».
### Réinventer nos relations avec les États-Unis
Plusieurs politiques belges se sont exprimés sur la relation que notre pays doit avoir avec les États-Unis. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, était présent à une manifestation de la diaspora iranienne et s’est réjoui de l’intervention américaine. De son côté, le vice-premier socialiste flamand, Frank Vandenbroucke, estime que les États-Unis ne sont plus des alliés.
Le ministre Les Engagés rappelle que « chaque président de parti comme chaque parlementaire est en droit de s’exprimer comme il le souhaite. Ça ne porte pas pour autant la parole du gouvernement ».
« Réinventons-nous une relation avec les États-Unis. Il est incontestable que le ton a changé », a affirmé Maxime Prévot, qui considère qu’il faut « réinventer notre relation avec les États-Unis », sans lui tourner « bêtement le dos, sachant que nous avons des économies, qu’on le veuille ou pas, qui sont extrêmement imbriquées l’une dans l’autre. C’est un intérêt extrêmement vital de pouvoir mieux allier la diplomatie économique avec la diplomatie politique pour préserver notre prospérité, les intérêts de notre population ».

