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Frappes en Iran : Scénarios après Khamenei avec Trump et le fils du chah

La mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, a eu lieu samedi durant la campagne de bombardement américano-israélienne et a porté un coup au régime en place à Téhéran. Actuellement, un triumvirat composé du président Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï, et d’un juriste du Conseil des gardiens de la Constitution a pris les commandes.


La mort, survenue samedi, du guide suprême iranien pendant la campagne de bombardements américano-israélienne, représente un coup dur pour le régime actuellement en place à Téhéran. Une transition rapide a été amorcée, mais l’identité de celui qui prendra durablement le pouvoir à la suite d’Ali Khamenei demeure incertaine. Depuis dimanche, un triumvirat a pris la direction du pays, composé du président Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï, et d’un juriste du Conseil des gardiens de la Constitution.

Dans une interview accordée dimanche au *New York Times*, Donald Trump a déclaré disposer de « trois très bons choix » de candidats pour diriger l’Iran, ajoutant : « Je ne les dévoilerai pas pour l’instant. Finissons d’abord le travail. » En attendant de nouvelles informations, *20 Minutes* fait le point sur les différents scénarios envisageables pour l’avenir du pouvoir.

### La continuité dans un premier temps ?

Bien que Donald Trump ait appelé la population à agir pour prendre le pouvoir une fois l’offensive terminée, Pierre Razoux, directeur des études de la Fédération méditerranéenne d’études stratégiques, constate que « le pays paraît tenu ». Il souligne que « tout est fait (fermeture des universités, quadrillage des villes, fermeture d’Internet) pour éviter les manifestations ». Selon lui, tant que la population ne sera pas convaincue que l’appareil répressif — avec 600.000 Bassidjis et 250.000 forces de sécurité intérieures — est neutralisé, il est peu probable qu’elle descende à nouveau dans la rue.

Le système politique iranien possède des procédures pour gérer la succession du guide suprême, dont le décès « ne signifie pas la fin d’un régime polycentré et redondant », précise Pierre Razoux. Il estime qu’il pourrait y avoir « la continuité du régime avec de nouvelles règles du jeu, peut-être au détriment du clergé, mais avec les mêmes personnes ». Pour Théo Nencini, chercheur à Sciences Po Grenoble, « l’orientation du régime » dépendra du choix du nouveau guide suprême.

Azadeh Kian, sociologue, a aussi commenté dimanche sur France Info que la disparition d’Ali Khamenei « peut donner naissance à des rivalités importantes au sein des cercles du pouvoir entre les Gardiens (de la révolution) et les civils. Mais pour l’instant, ils travaillent tous ensemble pour maintenir le système ».

### L’heure des Gardiens ?

Pierre Razoux avance que « l’alternative, c’est la prise de pouvoir par les Pasdaran » (terme farsi désignant les Gardiens de la révolution). Bien que leur chef Mohammed Pakpour ait été tué lors des frappes de samedi, le Corps des Gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique, demeure une force extrêmement organisée, contrôlant de vastes secteurs de l’économie.

Théo Nencini estime que « le rééquilibrage du pouvoir au profit des Gardiens de la révolution a déjà eu lieu, de manière progressive depuis plusieurs années. Le guide suprême leur avait déjà ouvert la voie du pouvoir ». Selon lui, « une transition vers un régime plus militarisé sous leur houlette est une possibilité, un régime militaire plus classique dépourvu de cette logique religieuse chiite actuelle. Mais je les vois mal se passer du vernis religieux », ajoute le chercheur.

### Un rôle à jouer pour l’armée régulière ?

Avec ses 350.000 hommes, l’armée, selon la publication spécialisée Military Balance 2026, « ne pèse pas politiquement aujourd’hui, mais elle peut avoir un rôle à jouer à l’avenir si les militaires décident de prendre une direction politique différente de celle des Gardiens », estime Théo Nencini.

Pour Pierre Razoux, « son positionnement sera crucial, à la fois vis-à-vis des populations, du pouvoir et des Gardiens ». Actuellement, l’armée est « au four et au moulin, occupée à défendre le pays ». Dans la perspective d’un éventuel changement politique, les militaires devront « montrer qu’ils ont tenu leur rôle ».

### Une opportunité pour le fils du chah ?

L’opposition en Iran est réprimée et emprisonnée, notamment la lauréate du prix Nobel de la paix 2023, Narges Mohammadi. Les mouvements d’opposition en exil sont historiquement divisés. Le fils du chah d’Iran déchu, Reza Pahlavi, « est mis en avant par les médias occidentaux » et semble gagner en popularité, mais la crédibilité de sa figure aux yeux de la population iranienne reste incertaine.