France

Municipales 2026 : Des milliers d’écharpes en attente, « On a du stock »

L’écharpe de maire, symbole de la République, est portée selon un protocole strict et distingue les maires avec un gland doré et les adjoints avec un gland argenté. L’entreprise l’Atelier Le Mée à Saint-Grégoire a fabriqué 4.500 écharpes pour les élections de 2020, mais il reste près de 4.000 écharpes à écouler en raison de la crise du Covid.

Les sortants souhaitent la conserver, tandis que les autres candidats aspirent à la revêtir pour la première fois. À l’approche des élections municipales, l’écharpe de maire, accessoire hautement symbolique, suscite de nombreuses convoitises. Cet emblème, qui a fait son apparition à la fin du XVIIIe siècle avec la création des communes en 1790, est aujourd’hui le dernier vestige de l’uniforme que devaient porter auparavant les édiles.

Bien qu’elle ne soit qu’un simple morceau de tissu tricolore en apparence, l’écharpe représente bien plus qu’un simple accessoire. Elle permet au maire de symboliser l’autorité conférée par sa fonction, l’accompagnant lors de chaque cérémonie officielle, comme les mariages ou les inaugurations. Il est important de la porter selon un protocole strict. Elle peut être portée en ceinture ou sur l’épaule droite. Dans ce dernier cas, « le bleu doit être placé près du col, à la différence des députés et sénateurs qui doivent porter le rouge près du col », explique Diane de Lambert.

Tout le stock d’écharpes de 2020 à écouler

Bien que cette jeune femme ne soit pas maire ni même adjointe, elle maîtrise parfaitement le sujet. L’entreprise qu’elle dirige, l’Atelier Le Mée à Saint-Grégoire, près de Rennes, est l’un des rares fabricants de ces fameuses écharpes tricolores. « Une tradition que l’on fait perdurer mais aussi une fierté », admet la dirigeante de cette PME bretonne de seize salariés qui célèbre cette année son 70e anniversaire.

À l’approche du premier tour le 15 mars, le carnet de commandes commence à se remplir. Cependant, contrairement aux élections précédentes, cela ne se fait pas vraiment sentir dans l’atelier. « D’habitude, c’est la folie à cette période car nous en fabriquons plusieurs milliers à chaque élection », souligne Diane de Lambert. « Mais cette année, nous n’avons pas relancé la production car nous avons du stock. »

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Lors du scrutin en 2020, l’entreprise, qui se spécialise également dans la fabrication d’enseignes publicitaires, avait produit 4.500 écharpes, s’attendant à les écouler facilement auprès des maires élus et de leurs adjoints. Cependant, la crise du Covid a perturbé ces plans. « Nous avons été contraints de fermer l’entreprise, ce qui a tout arrêté », se remémore la cheffe d’entreprise.

Un gland doré pour le maire, argenté pour ses adjoints

Depuis, quelques commandes ont été passées, mais près de 4.000 écharpes restent encore à écouler. « Nous espérons tout vendre cette fois et que les mairies feront appel à nous », insiste-t-elle, soulignant la fabrication française de ces écharpes proposées en deux tailles. « Il est vrai qu’on peut trouver des écharpes à bas prix sur Internet, mais la qualité n’est pas toujours au rendez-vous. Chez nous, la fabrication est réalisée de A à Z dans notre atelier, depuis l’impression sur un tissu ottoman jusqu’à la découpe des bandes et la couture à la main. »

Sur les écharpes, le gland est doré pour les maires et argenté pour les adjoints.
Sur les écharpes, le gland est doré pour les maires et argenté pour les adjoints.  - J. Gicquel / 20 Minutes

La dernière étape consiste à orner l’écharpe d’un pompon appelé gland à franges, qui respecte également un code vestimentaire précis. « Il est doré pour les maires et argenté pour les adjoints », précise la dirigeante, qui anticipe « un pic des commandes entre les deux tours ». Enfin, il est important de noter qu’il est possible pour un particulier d’acheter une écharpe tricolore, mais défiler avec à l’extérieur est prohibé, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’à un an de prison et 15.000 euros d’amende.