Algérie

Découverte d’un reptile marin vieux de 90 millions d’années en Algérie

Le Dr Mohammed Nadir Naimi et son équipe ont découvert en 2025 à Djebel Essen, dans la wilaya de Tébessa, les premiers restes fossiles de plésiosaure jamais découverts en Algérie. Cette découverte, qui remonte au Coniacien supérieur, vient combler une lacune importante dans le registre fossile du Crétacé algérien, puisque jusqu’ici aucun fossile de plésiosaure n’avait été signalé dans le pays.


Une découverte scientifique majeure vient d’enrichir le patrimoine paléontologique algérien. Le Dr Mohammed Nadir Naimi, enseignant-chercheur à l’Université des sciences et de la technologie Houari Boumédiène, et son équipe ont mis au jour les premiers restes fossiles de plésiosaure jamais découverts en Algérie. Cette trouvaille constitue une avancée significative pour la compréhension de l’histoire géologique et biologique du pays.

Le fossile identifié date du Coniacien supérieur, une période du Crétacé, se situant entre 88 et 87 millions d’années. Cette époque est encore peu documentée à l’échelle mondiale concernant les reptiles marins, ce qui confère à cette découverte une valeur scientifique particulière. Les informations concernant cette découverte ont été relayées par un site britannique spécialisé dans l’actualité scientifique dans une publication du 25 février 2026.

Le spécimen a été découvert en 2025 à Djebel Essen, dans la wilaya de Tébessa, au nord-est de l’Algérie, lors d’une mission de prospection sur le terrain. Il s’agit d’une vertèbre dorsale isolée, associée à divers invertébrés fossilisés. Bien que partiel, cet ensemble présente des caractéristiques morphologiques compatibles avec le groupe des Plesiosauria, des reptiles marins emblématiques du Mésozoïque.

Une première nationale qui ouvre de nouvelles perspectives de recherche

Les résultats de l’étude attribuent ce fossile au groupe des Plesiosauria sur la base de comparaisons anatomiques avec d’autres plésiosaures connus. Toutefois, le Dr Naimi reste prudent quant à son identification précise. Il souligne qu’il est difficile d’établir une classification définitive à partir d’un centrum isolé, rappelant ainsi les exigences de rigueur inhérentes à la recherche scientifique.

Cette découverte est exceptionnelle. Aucun fossile de plésiosaure n’avait jusqu’ici été signalé en Algérie. Les recherches antérieures avaient principalement permis la mise au jour de restes de dinosaures, de serpents, de tortues ou encore de crocodiliens, principalement dans les formations de l’Atlas saharien. L’identification de ce reptile marin comble donc une lacune importante dans le registre fossile du Crétacé algérien.

La publication de ces travaux préliminaires dans une revue scientifique internationale spécialisée en paléobiologie vise à annoncer officiellement cette première nationale et à enrichir les données mondiales sur les reptiles marins du Coniacien, encore rares et mal connus. Cette publication a également encouragé l’équipe de recherche à lancer de nouvelles campagnes de prospection dans la région de Tébessa.

L’objectif est désormais d’identifier d’autres sites susceptibles de livrer des éléments fossiles plus complets, notamment des parties crâniennes ou post-crâniennes, et d’étudier les variations géologiques favorables à la fossilisation. À terme, ces recherches pourraient offrir une vision plus précise des écosystèmes marins qui existaient dans cette région de l’Afrique du Nord il y a près de 90 millions d’années.