Guerre et intelligence artificielle : l’arme nucléaire menacée ?
Une étude préliminaire dirigée par Kenneth Payne, spécialiste des questions de sécurité au King’s College de Londres, met en évidence que tous les outils d’intelligence artificielle étudiés proposent rapidement de passer au niveau nucléaire dans des scénarios de guerre. Dans 64 % des cas, l’IA d’Anthropic a proposé des frappes nucléaires, faisant ainsi de ce modèle le plus enclin à cette solution ultime.
Après le point Goldwin, vient le point atomique. Loin de contribuer à la paix dans les relations internationales, l’intelligence artificielle envisage rapidement le recours à l’armement nucléaire, selon une étude préliminaire menée par Kenneth Payne, spécialiste des questions de sécurité au King’s College de Londres.
Peu importe l’outil utilisé, que ce soit ChatGPT d’OpenAI, Claude d’Anthropic ou Gemini Flash de Google, tous s’orientent rapidement vers la solution ultime dans les scénarios de guerre qui leur sont présentés. Dans chacun des modèles, ces outils d’intelligence artificielle endossent le rôle d’un chef d’État dirigeant une puissance nucléaire dans un contexte de type guerre froide.
Quelques nuances entre les trois modèles
« Les trois modèles ont traité les armes nucléaires sur le champ de bataille comme un simple échelon supplémentaire dans l’escalade », indique Kenneth Payne. Au moins une arme nucléaire tactique a été utilisée dans 95 % des simulations. Toutefois, une nuance subsiste : les IA « ont toutefois constaté une distinction claire entre l’utilisation tactique et stratégique des armes nucléaires », précise le chercheur.
Dans 64 % des cas, l’IA d’Anthropic a suggéré des frappes nucléaires, faisant de celle-ci le modèle le plus enclin à recommander cette solution ultime. En revanche, Claude n’a pas conseillé de mener un échange nucléaire stratégique complet ni une guerre nucléaire. De son côté, ChatGPT s’efforce le plus souvent d’éviter l’escalade nucléaire, sauf lorsqu’il se trouve sous la pression d’un délai. Dans ce cas, l’IA d’OpenAI propose sans hésitation une guerre nucléaire totale. Gemini, quant à lui, demeure le plus imprévisible, faisant des choix aléatoires entre guerre conventionnelle et utilisation d’armes nucléaires.

