Audi Forest un an après : un site inoccupé, des espoirs demeurent
La fermeture d’Audi a eu un impact significatif sur le montant du chiffre d’affaires du secteur Horeca dans le quartier, qui en souffre toujours un an après. Selon Pierre Hermant, plus d’une centaine de développeurs se sont portés candidats à la reprise du site, qui pourrait devenir un zoning industriel avec des entreprises de tailles variées.
« La fermeture d’Audi a été un véritable choc pour le quartier. Un an après, les conséquences se font encore sentir, notamment dans le secteur Horeca, qui a vu une baisse de son chiffre d’affaires. » Charles Spapens, récemment nommé bourgmestre de Forest, a dû faire face à l’annonce de cette fermeture. Par la suite, la commune a collaboré à la procédure de reconversion, aux côtés du Fédéral et de la Région.
Dans les coulisses, des discussions « avec un bon esprit de collaboration » ont eu lieu, souligne le bourgmestre. Pendant ce temps, 130 employés s’affairaient à démonter les chaînes de montage. Cette tâche a été achevée le 31 décembre 2025. À cette date, les travailleurs auront perdu leur emploi. Cependant, « comme pour tous les anciens employés, ces personnes bénéficieront d’un programme de reclassement sur mesure« , a précisé Peter D’hoore, également licencié le 31 décembre.
Vers de nouvelles perspectives
Le fait que le site soit désormais inoccupé ne signifie pas qu’il peut immédiatement accueillir de nouvelles activités. Une dépollution est nécessaire en premier lieu. En effet, 76 ans d’assemblage de voitures peuvent avoir gravement contaminé le sol. Cette dépollution sera à la charge d’Audi.
Le principe du pollueur-payeur s’applique dans ce cas. Heureusement pour le constructeur allemand, la Déclaration de Politique Régionale (DPR) du nouveau Gouvernement bruxellois a confirmé la vocation industrielle du site et son intention de « le transformer en un pôle économique emblématique et durable« . Cela implique qu’un niveau de dépollution moins élevé sera exigé qu’en cas de projet immobilier résidentiel.
Étant donné la taille du site, certaines zones devront être moins dépolluées que d’autres, voire pas du tout. Ainsi, un petit nombre de ces zones pourrait déjà accueillir des entreprises dès l’année prochaine. Toutefois, les responsables estiment que la fin des travaux pourrait s’étendre sur une période de 7 à 10 ans.
Il reste alors la question cruciale : quelles entreprises viendront s’installer ici et pour quels projets ? Le site suscite un grand intérêt de la part des candidats repreneurs.
Pierre Hermant, le PDG de Finance&invest.brussels, a joué le rôle d’intermédiaire entre Audi, les candidats repreneurs, les différents niveaux de pouvoir et les autres intervenants.
Il est catégorique : « Plus d’une centaine de développeurs ont manifesté leur intérêt pour la reprise. Il faut dire que la situation du site est exceptionnelle : à deux pas de la gare du Midi, il est possible de se rendre à Londres ou Paris, et les visiteurs peuvent venir de partout. Il se situe à proximité du ring, du canal… Le réseau ferroviaire dessert le site. Beaucoup d’entreprises recherchent des terrains à Bruxelles parce qu’elles se sentent à l’étroit dans leurs locaux actuels et qu’il n’y a plus de terres disponibles en Flandre. »
En fin de compte, c’est une société anversoise, Heylen Warehouses, assistée par AG Real Estates, qui devrait décrocher le projet. Actuellement, les discussions portent sur le montant à verser. Plusieurs sources évoquent une conclusion imminente, avec une vente prévue avant la fin juin. La destination du site sera un zoning industriel où des entreprises de différentes tailles trouveront des espaces adaptés à leurs besoins.
Cette reconversion est facilitée par le fait que la déclaration de politique régionale prévoit de transformer le site en zone franche. « Cela signifie, explique Pierre Hermant, qu’il y aura une série d’avantages fiscaux. De plus, la Région soutiendra les développeurs pour générer rapidement de la valeur pour les Bruxelloises et les Bruxellois, en les aidant à trouver les employés nécessaires ou, si besoin, à les former. » Pour tourner la page sur le difficile départ d’Audi.

