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Que sait-on de Michel Ortega Casanova, l’Américain tué en « libérant » Cuba ?

Les autorités cubaines et américaines tentaient, jeudi, d’éclaircir les circonstances d’un échange de tirs meurtrier survenu la veille au large de Cuba. Le gouvernement cubain a dénoncé mercredi une tentative d’« infiltration à des fins terroristes » menée par un groupe armé composé, selon lui, de « Cubains résidant aux Etats-Unis ».


Les autorités cubaines et américaines cherchaient encore à clarifier, jeudi, les circonstances d’un échange de tirs mortel survenu la veille au large de Cuba. Quatre hommes ont été tués par les garde-côtes cubains à bord d’une vedette immatriculée en Floride, dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et La Havane.

Parmi les victimes se trouvait Michel Ortega Casanova. Selon l’un de ses alliés politiques en Floride, interrogé jeudi par l’AFP, cet homme de 54 ans, chauffeur de camions d’après la presse locale, souhaitait « aller combattre une narcotyrannie criminelle et meurtrière, de voir si cela provoquerait une étincelle et si le peuple se soulèverait et les appuierait ». Son objectif était donc de susciter un soulèvement contre le régime cubain.

Le gouvernement cubain a dénoncé mercredi une tentative d’« infiltration à des fins terroristes » menée par un groupe armé composé, selon lui, de « Cubains résidant aux Etats-Unis ». La Havane a révélé le nom des six occupants blessés ainsi que celui de Michel Ortega Casanova parmi les quatre tués. Les autorités affirment que ces hommes étaient en possession de fusils d’assaut, d’armes de poing, d’engins explosifs artisanaux, de gilets pare-balles et de vêtements de camouflage.

Wilfredo Beyra, responsable à Tampa du Parti républicain de Cuba, une organisation d’opposants basée en Floride, déclare connaître Michel Ortega Casanova depuis « quatre ou cinq ans ». Il affirme l’avoir mis en garde : « Je l’avais averti que ce n’était pas le moment d’agir de cette manière pour la liberté de Cuba, qu’il fallait attendre. » Selon lui, le militant lui avait confié qu’une intervention pouvait se produire « à tout moment ».

Toujours selon Wilfredo Beyra, « en Floride, plusieurs groupes déclarent ouvertement qu’ils sont prêts, qu’ils s’entraînent militairement, à lutter pour la liberté de leur patrie. Et Michel faisait partie de l’un de ces groupes ». Il mentionne également connaître un des blessés, Leordan Enrique Cruz Gomez, rencontré lors d’un événement politique à Miami en février 2025, avec lequel il était resté en contact jusqu’à une dizaine de jours avant les faits.

Du côté américain, une enquête a été ouverte après l’échange de tirs et l’interception de l’embarcation dans les eaux territoriales cubaines. Interrogé sur une éventuelle implication du gouvernement américain, le secrétaire d’État Marco Rubio a assuré que ce n’était pas le cas. Selon le New York Times, qui cite des responsables américains, Washington cherche à établir précisément les circonstances de l’incident et la nature des activités du groupe. Jeudi, le vice-ministre cubain des Affaires étrangères, Carlos Fernandez de Cossio, a déclaré que « les autorités du gouvernement américain se sont montrées disposées à coopérer pour éclaircir ces événements regrettables ».