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Comment les panneaux solaires ne améliorent pas la laine des moutons ?

Certains éleveurs ovins observent une amélioration de la qualité de la laine et une hausse de leurs recettes, avec une hausse de 15 % des recettes issues de l’élevage ovin sous installations solaires. En France, le pays vise 48 GW de capacités photovoltaïques installées d’ici 2030, contre environ 30 GW en 2025.


Certains éleveurs ovins constatent une amélioration de la qualité de la laine ainsi qu’une augmentation de leurs revenus. Leur atout ? Des panneaux solaires installés sur leurs pâturages, qui transforment les conditions d’élevage.

Le solaire est amené à devenir un des piliers du futur mix électrique grâce aux panneaux photovoltaïques. Cependant, pour atteindre cet objectif, il faut encore multiplier les grandes centrales au sol. Or, avec l’augmentation des capacités, le foncier devient de plus en plus rare et les projets se heurtent souvent à des oppositions locales.

L’agrivoltaïsme se présente comme une solution de compromis. Ce principe repose sur la coexistence de la production agricole et de la production d’électricité sur une même surface. Ainsi, les terres continuent d’être exploitées tout en accueillant des panneaux photovoltaïques.

Cette approche est attrayante pour les agriculteurs et les développeurs solaires, qui y trouvent chacun leur compte. En ce qui concerne l’élevage ovin, les effets positifs se révèlent particulièrement notables.

### Une meilleure qualité de production

Pour les éleveurs, les avantages sont tangibles, car sous les panneaux, un nouveau microclimat se forme. L’ombre partielle diminue l’exposition directe au soleil et réduit l’évaporation de l’eau dans le sol. En conséquence, l’herbe demeure plus verte et plus longtemps, même pendant les périodes de chaleur ou de sécheresse.

Cette stabilité de la couverture végétale est cruciale pour l’activité. Une alimentation plus régulière permet d’éviter les variations brutales de croissance de la laine, souvent causées par les alternances entre sécheresse et fortes pluies. La fibre de laine devient alors plus homogène sur toute sa longueur.

Un sol moins sec entraîne également une diminution de la poussière, rendant ainsi la laine plus propre. « La laine produite est de meilleure qualité et plus propre », témoigne un agriculteur australien interrogé par l’AFP. Après avoir comparé ses troupeaux élevés sous panneaux avec ceux d’une parcelle classique, il a noté une augmentation de 15 % de ses recettes liées à l’élevage ovin sur les installations solaires.

### Des économies pour les exploitants solaires

Les opérateurs de centrales bénéficient également de cette collaboration. L’agrivoltaïsme ne se limite pas à améliorer l’acceptabilité sociale des projets, il permet également de diminuer les coûts d’exploitation.

Dans une centrale au sol traditionnelle, la végétation doit être régulièrement contrôlée pour éviter l’ombrage des panneaux et limiter les risques d’incendie. Cela nécessite des passages fréquents de tondeuses ou débroussailleuses, entraînant des coûts en main-d’œuvre, en carburant et en maintenance.

En déléguant cette tâche aux moutons, les exploitants profitent d’un entretien continu. Les troupeaux maintiennent l’herbe à une hauteur adéquate et réduisent l’accumulation de biomasse sèche, contribuant ainsi à la sécurisation des infrastructures.

En France, l’agrivoltaïsme est intégré dans la stratégie solaire nationale visant à atteindre les objectifs solaires. Le pays ambitionne 48 GW (gigawatts) de capacités photovoltaïques installées d’ici 2030, contre environ 30 GW en 2025. Plus de la moitié des capacités prévues proviendront de grandes installations au sol, dont une partie sera constituée de projets agrivoltaïques. La part exacte de ces projets reste cependant à spécifier, selon la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).