Allemagne : La justice ne considère pas l’AfD comme parti « extrémiste » de droite
Le renseignement intérieur allemand ne peut pas « pour l’instant » classer le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) comme « extrémiste avérée » de droite. Alice Weidel, la codirigeante de l’AfD, a salué sur X une « grande victoire » pour le parti, « la démocratie et l’État de droit ».
Le renseignement intérieur allemand ne peut pas « pour l’instant » classer le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) comme « extrémiste avérée » de droite. Dans un communiqué publié ce jeudi, le tribunal administratif de Cologne évoque toutefois un « fort soupçon ». Première force d’opposition à la coalition du chancelier conservateur Friedrich Merz, l’AfD n’est pas, pour le moment, marquée « dans son ensemble » par « une tendance de fond hostile à la Constitution », selon le tribunal.
Le tribunal fait référence à la décision prise début 2025 par l’Office de protection de la Constitution. Si le parti avait été qualifié d’« extrémiste », cela aurait permis au service de renseignement, lié au ministère de l’Intérieur mais agissant de manière autonome selon la loi, d’intensifier la surveillance policière du parti, y compris en interceptant, si nécessaire, les communications privées de ses dirigeants.
Alice Weidel, la codirigeante de l’AfD, a salué sur X une « grande victoire » pour le parti, « la démocratie et l’État de droit ». Selon elle, la décision judiciaire « a aussi indirectement mis un frein aux fanatiques de l’interdiction » de la formation anti-immigration, exigée par certains responsables politiques.
Les opinions divergent sur la nécessité d’engager une procédure d’interdiction, alors que le parti, deuxième lors des législatives début 2025, poursuit sa progression. Sur le plan juridique, les obstacles pour faire valider une telle décision par la Cour constitutionnelle sont très élevés, et sur le plan politique, cela pourrait encore augmenter la popularité du mouvement, qui se présente en victime. Cependant, son aile la plus radicale est régulièrement accusée de liens avec la mouvance néonazie et de révisionnisme historique concernant les crimes du IIIe Reich.

