Maroc

Un référendum au Sahara, une idée jamais aussi obsolète

Les Etats-Unis ont intensifié les efforts diplomatiques pour résoudre le conflit du Sahara marocain, avec un nouveau round de pourparlers à Washington, sous l’égide de Massad Boulos, émissaire spécial de Donald Trump pour l’Afrique. Selon François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique, « le point de départ du processus de négociations en cours sous la houlette américaine, c’est l’abandon implicite du référendum d’autodétermination», devenu «obsolète» depuis l’adoption de la résolution 2797 des Nations unies, en octobre 2025.


« L’Algérie et ses protégés contraints d’aller à Canossa »

L’idée d’un référendum au Sahara plus obsolète que jamais

Autres articles
Les États-Unis intensifient leurs efforts diplomatiques pour résoudre le conflit du Sahara marocain, à travers un nouveau cycle de négociations à Washington.

Sous la direction de Massad Boulos, émissaire spécial de Donald Trump pour l’Afrique, cette réunion a réuni le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et les représentants du polisario, juste deux semaines après la rencontre à Madrid.

En l’absence de toute information officielle, des sources indiquent que le dossier du Sahara marocain est entré dans « une phase de dénouement politique », car « pour la première fois, les pourparlers ne portent plus sur des slogans ou des positions générales, mais sur des détails ».

Selon ces mêmes sources, le président de la région d’autonomie serait élu par le Parlement local et officiellement nommé par le Souverain, conformément à la Constitution marocaine. L’année 2015 serait adoptée comme référence pour la participation au processus électoral, avec une période transitoire de seulement cinq ans, contrairement aux dix ans exigés par le polisario.

Il aurait également été convenu d’une structure institutionnelle fondée sur une répartition du pouvoir entre trois composantes, avec l’adoption du mécanisme du « tiers bloquant », ce qui signifie que le système futur est conçu pour garantir l’équilibre, mais dans un cadre politique clairement défini sous la souveraineté marocaine, selon les mêmes sources.

Il est important de rappeler que lors de la réunion de Madrid tenue au début de ce mois, « un accord a été conclu pour accepter comme document technique de base le plan d’autonomie du Maroc pour le Sahara », selon le média espagnol Atalayar, qui ajoute que « la simple présence du polisario et de son mentor, l’Algérie, dans la capitale espagnole montre que le camp qui défend la tenue d’un référendum d’indépendance pour la population sahraouie pourrait se rapprocher d’un accord avec la partie adverse, menée par le Maroc, pour laquelle le territoire sahraoui fait partie des provinces du Sud sous souveraineté du Royaume marocain, avec le Plan d’autonomie marocain comme la base la plus solide pour parvenir à un accord ».

De son côté, le magazine français Jeune Afrique a souligné dans un article récemment publié que le régime algérien et ses alliés « ont été contraints de renoncer à l’indépendance ».

Dans une déclaration à RFI, François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique, a affirmé que « le point de départ du processus de négociations en cours sous l’égide américaine, c’est l’abandon implicite du référendum d’autodétermination », une option devenue « obsolète » et « remplacée depuis l’adoption de la résolution 2797 des Nations unies, en octobre 2025, par des discussions autour du plan d’autonomie sous souveraineté marocaine ».
François Soudan conclut : « Il est clair qu’en acceptant de se rendre à Madrid sous la pression diplomatique et psychologique américaine afin de participer à des négociations autour du plan marocain, l’Algérie et le polisario sont en quelque sorte allés à Canossa ».

Il semble que des sessions supplémentaires de discussions soient programmées dans les semaines à venir, avec des réunions intermédiaires à un rythme accéléré imposé par Washington, jusqu’à la rencontre décisive de mai 2026. À cette occasion, les États-Unis visent à finaliser un « accord-cadre politique » qui établirait les bases concrètes d’un règlement politique mettant fin à ce conflit artificiel, un règlement incluant les contours institutionnels de l’autonomie et un calendrier de mise en œuvre.

Elias Rayane