Israël : Le parlement souhaite renforcer l’autorité ultra-orthodoxe au mur des Lamentations
Le Parlement israélien a accepté ce mercredi de débattre d’une proposition de loi visant à renforcer l’autorité des rabbins ultra-orthodoxes sur le mur des Lamentations. L’amendement a été jugé recevable par 56 députés (contre 47) et déposé par un député d’opposition d’extrême droite, Avi Maoz.
Le Parlement israélien a décidé ce mercredi de discuter d’une proposition de loi qui vise à accroître l’autorité des rabbins ultra-orthodoxes sur le mur des Lamentations. Cette nouvelle législation leur donnerait le pouvoir d’interdire toute forme de prière mixte entre hommes et femmes.
Situé à Jérusalem-Est, secteur de la Ville sainte occupé et annexé par Israël, le mur des Lamentations est le dernier vestige du Second Temple juif, détruit au Ier siècle, et le lieu le plus sacré où les juifs sont autorisés à prier par le grand rabbinat d’Israël. Il comprend trois espaces de prière : deux non-mixtes, dont le plus grand est réservé aux hommes, et une section mixte, la plus petite, qui est désapprouvée par le rabbinat officiel dominé par les ultra-orthodoxes.
L’amendement a été jugé recevable par 56 députés (contre 47) et a été proposé par un député d’opposition d’extrême droite, Avi Maoz. Il bénéficie du soutien du ministre de la Justice, Yariv Levin, membre du Likoud, le parti de droite dirigé par le Premier ministre Benyamin Netanyahou, qui n’a pas participé au vote.
Sur X, Avi Maoz a fait savoir qu’il souhaite répondre à un arrêt du 16 février de la Cour suprême, saisi par la mouvance réformée du judaïsme, qui exigeait que l’État développe cette section, surnommée « égalitaire ». Cet espace, où hommes et femmes peuvent prier côte-à-côte, est utilisé par des fidèles des courants réformés (libéraux et conservateurs), qui représentent une majorité aux États-Unis mais demeurent très minoritaires en Israël.
Dans un geste envers la communauté juive américaine, un précédent gouvernement Netanyahu avait voté en 2016 pour la création de cet espace, avant de revenir sur sa décision l’année suivante sous la pression de ses alliés ultra-orthodoxes. Ainsi, l’espace mixte a été créé mais n’a pas été aménagé, ce dont se plaignent ses usagers, dont certains ont introduit le recours devant la Cour suprême.
Dimanche, Yariv Levin a exhorté les députés à soutenir le texte pour contrecarrer ce qu’il a qualifié d’ingérence inacceptable de la Haute Cour dans les affaires religieuses. Cette affaire illustre le conflit actuel entre le gouvernement Netanyahu, l’un des plus à droite de l’histoire d’Israël, et la Cour suprême, dont il souhaite réduire radicalement les prérogatives depuis son entrée en fonction fin 2022. Elle met également en lumière les tensions internes au sein de la communauté juive.

