Municipales 2026 à Nantes : Le programme de Johanna Rolland n’est pas dans le magazine de la Ville.
Les 15 et 22 mars prochains, les Françaises et Français éliront leurs maires. Au cours des prochaines semaines, la rédaction de « 20 Minutes » se mobilise pour faire la chasse aux fake news dans le cadre de ces municipales.
Les 15 et 22 mars prochains, les Françaises et Français voteront pour élire leurs maires. Ce scrutin, essentiel dans la vie politique, est déjà au centre des préoccupations à travers le pays, en attendant le lancement officiel de la campagne le 2 mars.
Au cours des semaines à venir, la rédaction de « 20 Minutes » s’engagera à traquer les fausses informations liées à ces élections municipales pour vous aider à faire un choix éclairé dans l’isoloir.
Simple erreur ou volonté de dénigrer ? Il a fallu peu de temps pour que l’accusation de Foulques Chombart de Lauwe, candidat aux municipales (LR et centre), à l’encontre de sa principale rivale, la maire sortante Johanna Rolland, fasse le tour des réseaux sociaux et devienne un sujet de conversation brûlant parmi les Nantais. Il l’accuse d’utiliser le magazine municipal d’information Nantes Passion pour faire connaître son programme, une pratique qui est formellement interdite.
« Le programme de la candidate Johanna Rolland est distribué inséré dans le journal financé par la Ville dont la Maire n’est autre que… Johanna Rolland. Cette confusion des genres est inacceptable », déclare le candidat, joignant à ses propos deux clichés montrant le programme de la maire socialiste présent dans le numéro de février.
Pour vérifier ces accusations, nous avons récupéré plusieurs exemplaires de Nantes Passion à l’entrée de notre rédaction nantaise. Après un examen minutieux, il n’y avait aucune trace du programme de la candidate, qui sollicite un troisième mandat.
Deux hypothèses peuvent alors être avancées : soit notre échantillon de magazines n’inclut pas les communications de Johanna Rolland, soit sa profession de foi n’a jamais été insérée dans le magazine.
Les internautes partagent leurs opinions sur X. « Le gros menteur mdrrr personne n’a eu ça », commente Amael. « Fake news ! J’ai bien reçu le Nantes Passion sans le programme de Johanna Rolland », affirme Maxime. Bassem Asseh, premier adjoint de la maire actuelle de Nantes, va dans le même sens : « Fake News de Foulques Chombart de Lauwe et il le sait bien : la distribution dans toutes les boîtes aux lettres nantaises de notre programme est – évidemment – financée par le compte de campagne sur la base d’un contrat que je tiens à sa disposition ! »
Contactée, l’équipe de campagne de Johanna Rolland a fourni à 20 Minutes des documents attestant que tous les imprimés de la campagne sont financés par un mandataire, comme l’exige le code électoral. Les programmes ont été envoyés par voie postale indépendamment des exemplaires de Nantes Passion financés par la municipalité.
Face à ces éléments, l’équipe de campagne de Foulques Chombart de Lauwe a exprimé : « Nous ne doutons pas de la légalité, mais le problème soulevé réside dans le timing de la distribution. Recevoir simultanément un programme électoral et des informations municipales, supposées neutres, crée une confusion pour les Nantais. »
De son côté, La Poste indique à Franceinfo que le numéro de février de Nantes Passion « a été distribué du 30 janvier au 13 février », tandis que le programme de Johanna Rolland a été livré entre le 6 et le 20 février. Ainsi, les deux documents ont pu coïncider dans la distribution pendant une semaine.
Les propos de Foulques Chombart de Lauwe soulignent l’importance de comprendre les aspects légaux de la communication en période préélectorale. Pour les maires candidats à leur réélection, les limites sont parfois floues et régulées par le code électoral. Ce dernier précise, dans l’article L52-1, qu’« aucune campagne de promotion publicitaire des réalisations ou de la gestion d’une collectivité ne peut être organisée sur le territoire des collectivités intéressées par le scrutin » six mois avant le premier tour. L’article précise également que cette interdiction ne concerne pas la présentation, par un candidat, du bilan de sa gestion.
Dans une note parue en avril, l’Association des maires de France (AMF) indique qu’en période préélectorale, la communication institutionnelle est « prohibée, car elle dépasse le cadre de la stricte information. Il est important de garantir que la communication de la collectivité ne valorise pas les candidats, leurs réalisations en tant qu’élus sortants, ou encore leurs projets, afin d’éviter toute propagande. » Le non-respect de ces règles peut entraîner des conséquences graves, allant de l’inéligibilité aux amendes, condamnations judiciaires et même l’annulation de l’élection.
Cependant, la maire sortante, tout comme les autres candidats à l’approche des élections, a le droit d’envoyer sa profession de foi « au domicile de chaque électeur », selon les indications du ministère de l’Intérieur.

