Belgique

Un test linguistique bientôt obligatoire pour les demandeurs d’emploi ?

Dans les différentes antennes d’Actiris à Bruxelles, les demandeurs d’emploi peuvent évaluer leur niveau de langue via un test sur ordinateur d’une trentaine de minutes. Selon Romain Adam, porte-parole d’Actiris, « 20% des personnes qui s’inscrivent chez nous comme demandeurs d’emploi ne parlent ni français, ni néerlandais ».


Dans les différentes antennes d’Actiris à Bruxelles, les demandeurs d’emploi ont la possibilité d’évaluer leur niveau de langue grâce à un test informatique d’une trentaine de minutes. Ce test est facultatif mais fortement recommandé par Actiris. « La majorité des offres d’emploi gérées par Actiris comportent des exigences linguistiques », indique Eris Hamesse, responsable de l’espace langues chez Actiris. « Certaines personnes viennent nous voir et ne parlent ni français, ni néerlandais. Pour nous, la priorité est de les orienter vers des cours dans l’une des deux langues. Car c’est un véritable pas vers l’emploi. »

20% de « ni-ni »

Dans sa déclaration de politique commune, le nouveau gouvernement bruxellois entend justement cibler ceux que l’on désigne dans le jargon d’Actiris comme les « ni-ni », c’est-à-dire ceux qui ne parlent ni français ni néerlandais. Il prévoit d’instaurer un test linguistique obligatoire dans l’une des deux langues régionales, accompagné de cours obligatoires si le test n’est pas réussi.

Mais combien de personnes cela représente-t-il ? « 20% des personnes qui s’inscrivent chez nous comme demandeurs d’emploi ne parlent ni français, ni néerlandais », précise Romain Adam, porte-parole d’Actiris.

Cependant, selon lui, avoir des connaissances de base dans l’une des deux langues est essentiel à Bruxelles. « Contrairement à la Wallonie ou la Flandre, où il existe encore des industries, Bruxelles est principalement une ville de services, avec des emplois nécessitant des compétences en communication », souligne-t-il. « Ici, il est important de pouvoir se débrouiller en français ou en néerlandais. Parfois, l’anglais seul suffit, mais ce n’est pas le cas dans la majorité des situations », ajoute Romain Adam.

Les modalités précises de ce test ne sont pas encore définies. Néanmoins, le nouveau ministre bruxellois de l’Emploi, Laurent Hublet, assure qu’il ne s’agit pas « d’une démarche de stigmatisation, mais d’une volonté d’accompagner au mieux les demandeurs d’emploi. » Ce test linguistique, selon lui, sert avant tout « à objectiver les choses et à comprendre la situation de la personne. »