Rénovation de logement en Wallonie et à Bruxelles : quelles aides ?
Selon Febelfin, 21% des ménages n’ont pas les moyens d’engager des travaux de rénovation de leur logement. En Wallonie, la Région wallonne propose des primes à la rénovation accessibles jusqu’au 30 septembre 2026, sous certaines conditions.
Rénover son logement pour améliorer ses performances énergétiques peut s’avérer difficile pour certains propriétaires ou locataires. Selon Febelfin, la Fédération belge du secteur financier, 21 % des ménages ne disposent pas des ressources nécessaires pour engager des travaux, que ce soit en raison d’un manque de liquidités ou de l’incapacité à rembourser un prêt.
Cependant, les autorités cherchent à promouvoir l’amélioration des performances énergétiques du parc immobilier en Belgique, afin de répondre aux objectifs européens de réduction des émissions de gaz à effet de serre en améliorant le label de Performance Énergétique des Bâtiments (PEB).
- En Wallonie, l’objectif est d’atteindre un PEB moyen de niveau A d’ici 2050, alors qu’actuellement, la plupart des logements wallons affichent des labels F et G, les moins performants énergétiquement.
- Dans la Région bruxelloise, selon le Code bruxellois Air-Climat-Énergie, l’objectif depuis 2024 est d’éliminer les passoires énergétiques d’ici 2033. Actuellement, 57 % des logements bruxellois respectent l’objectif de PEB E maximum (275 kWh par m²), laissant 43 % considérés comme des passoires énergétiques.
Cependant, certains propriétaires peuvent se permettre de financer des travaux coûteux sans aides, tandis que d’autres dépendent d’aides ou de prêts à taux zéro ou préférentiels, qui sont conditionnés à l’exécution de travaux. Qu’en est-il de ces incitations en Wallonie et à Bruxelles ?
En Wallonie
La Région wallonne propose diverses primes pour la rénovation sous certaines conditions. Ces primes sont disponibles jusqu’au 30 septembre 2026 et elles coexistent avec d’autres options, principalement des prêts à taux zéro. Passé cette date, la seule option sera de solliciter un prêt à taux zéro ou préférentiel.
Il est donc important de noter que le 30 septembre 2026 est une date cruciale si vous envisagez des travaux de rénovation, car la prime peut être demandée uniquement une fois les travaux achevés, sur la base des factures. Les travaux doivent donc être terminés avant cette date. De plus, il faudra tenir compte de l’emploi du temps des entrepreneurs, qui pourrait affecter la durée des travaux.
« Le plus grand problème, c’est le planning des entrepreneurs, explique Jacques Fraipont, consultant au Guichet Énergie de Namur. On le constate avec les couvreurs qui ont énormément de travail. Leur emploi du temps est chargé. Pour quelqu’un qui souhaite réaliser des travaux de toiture aujourd’hui, en contactant des couvreurs pour obtenir un devis, cela risque d’être juste pour terminer les travaux avant le 30 septembre prochain« . Il est donc essentiel d’évaluer correctement son projet et les délais nécessaires.
Les primes habitation couvrent les travaux de toiture ainsi qu’une multitude d’autres interventions, allant de l’isolation thermique des murs au remplacement des fenêtres, à l’installation de châssis, jusqu’à l’installation de pompes à chaleur ou de chaudières biomasse. La liste des travaux éligibles et le montant des primes sont disponibles sur le site de la Région wallonne.
Pour déterminer une demande de prime, le formulaire est accessible sur le site logement.wallonie.be ou auprès des Guichets Énergie.
Les conditions
Pour bénéficier des primes habitation en Wallonie, plusieurs conditions doivent être remplies :
- Le logement doit être situé en Wallonie.
- Il doit avoir été construit il y a plus de 15 ans.
- Il doit être principalement destiné au logement (plus de 50 %).
- Dans les deux ans maximum après la première demande de prime, le propriétaire doit soit occuper le logement pendant au moins 5 ans, soit le mettre en location pour au moins 5 ans en respectant la grille des loyers, soit le mettre à disposition d’une agence immobilière sociale, d’une société de logement de service public ou d’une association de promotion du logement pendant au moins 9 ans, soit le mettre gratuitement à disposition d’un parent pendant au moins un an.
De plus, si le revenu brut de votre ménage dépasse 122 800 € par an (soit 10 233 € bruts par mois), vous ne pourrez pas bénéficier de ces primes.
Si vous remplissez ces conditions, il vous restera une démarche essentielle : réaliser un audit de votre logement. Cet audit doit obligatoirement être effectué par un auditeur agréé par la Région wallonne. La liste des auditeurs est disponible ici. Il est conseillé de ne pas commencer les travaux avant d’avoir reçu la visite de l’auditeur et son rapport dûment signé.
Les détails sur la procédure à suivre sont disponibles dans le tableau ci-dessous :
Une fois vos travaux achevés et votre dossier de « prime à la rénovation » complété et envoyé (au plus tard le 30 septembre 2026), ne vous attendez pas à recevoir la prime rapidement. Le délai de traitement des dossiers est assez long. Actuellement, nous traitons les dossiers présentés en avril 2024. précise Jacques Fraipont, consultant au Guichet Énergie de Namur.
En Région bruxelloise
A contrario de la Wallonie, qui a mis en place un système transitoire entre primes et prêts avantageux jusqu’au 30 septembre prochain, la Région bruxelloise a opté directement pour un système de prêts. Actuellement, il n’est plus possible de soumettre une demande de prime à la rénovation dans le cadre du dispositif Rénolution.
La Région bruxelloise avait initié ce système de 45 primes en 2022, via les départements urban.brussels et Bruxelles Environnement. Sur les 2692 dossiers déposés en 2024, tous restent ouverts, mais le week-end dernier, le gouvernement bruxellois a annoncé qu’il débloquerait environ 56 millions d’euros pour honorer les demandes de primes reçues. En revanche, aucune prime ne sera octroyée en 2025 ou 2026, et il n’est donc plus possible de soumettre une demande de prime Rénolution depuis le 1er janvier 2025.
À l’avenir, le gouvernement bruxellois se concentrera sur le financement des rénovations visant à réduire l’empreinte énergétique par le biais de prêts à taux zéro. La nouvelle secrétaire d’État à l’Environnement, au Climat et à la Rénovation urbaine, Ans Persoons (Vooruit), l’a confirmé récemment. Ainsi, les primes vont disparaître au profit des prêts à taux zéro. Cependant, les détails sur les modalités de ces prêts restent à définir et pourraient n’être disponibles qu’à la fin de l’année.
Par ailleurs, existe Ecoreno, un dispositif de prêts du Fonds du logement, avec des taux préférentiels variant de 2,5 % à 3,5 %, en fonction des revenus. Ces crédits, réactivés en début d’année, peuvent se présenter comme un crédit à la consommation d’un maximum de 25 000 € ou comme un crédit hypothécaire. L’objectif est d’aider les propriétaires et locataires à financer des travaux d’isolation, de ventilation, ainsi que l’installation de panneaux photovoltaïques ou de pompes à chaleur. Une simulation est disponible sur le site du Fonds.
Enfin, le Fonds du logement proposait aussi des crédits hypothécaires pour l’achat d’un logement, mais ceux-ci ont été suspendus après le refus du gouvernement bruxellois en affaires courantes de fournir 50 millions d’euros au fonds, provoquant un débat politique. Ces crédits pour l’achat d’une habitation devraient reprendre à partir du 1er avril prochain.

